L’essor du commerce en ligne a profondément transformé les habitudes de consommation, offrant aux acheteurs un accès rapide et illimité à des milliers de références. Mais derrière cette apparente liberté d’achat, un phénomène inquiétant se développe : la contrefaçon. Longtemps associée aux produits de luxe, elle touche désormais tous les secteurs, des vêtements aux pièces détachées, en passant par les jouets, les produits cosmétiques ou encore les médicaments.
Souvent vendus à prix attractifs, ces biens imités séduisent de nombreux consommateurs, parfois à leur insu. Pourtant, détenir ou acheter un produit contrefait n’est pas un acte anodin : cela peut engager la responsabilité pénale de l’acheteur, exposer à des sanctions lourdes et présenter des risques graves pour la santé et la sécurité.
Face à ce constat, il est essentiel pour tout consommateur d’être en mesure de détecter les signes d’une contrefaçon, de connaître ses obligations légales et de savoir quels recours entreprendre pour obtenir réparation. Cet article vous donne les clés juridiques pour agir efficacement et protéger vos droits, conformément aux dispositions du Code de la propriété intellectuelle, du Code de la consommation et du Code pénal.
La contrefaçon ne se limite plus aux seuls articles de luxe. Aujourd’hui, elle touche une multitude de secteurs : habillement, accessoires, jouets, produits alimentaires, cosmétiques, médicaments et même pièces détachées. L’essor du commerce en ligne et des marketplaces a facilité la diffusion de produits imités, souvent proposés à des prix attractifs pour séduire les acheteurs.
Si certains consommateurs acquièrent ces produits en toute connaissance de cause, d’autres découvrent après la livraison qu’ils ont été victimes d’une tromperie. Dans les deux cas, la détention et l’utilisation de produits contrefaits peuvent engager la responsabilité civile et pénale de l’acheteur.
Selon l’article L. 335-2 du Code de la propriété intellectuelle, la détention, la vente ou l’achat de produits contrefaits est passible de 3 ans d’emprisonnement et 300 000 € d’amende.
Si la contrefaçon est avérée et que l’acheteur en avait connaissance, il peut également être poursuivi pour recel au sens de l’article 321-1 du Code pénal, passible de 5 ans de prison et 375 000 € d’amende.
En pratique, lorsque l’infraction est mineure et que l’acheteur agit de bonne foi, les autorités peuvent se limiter à la confiscation et destruction du produit, assorties d’une amende réduite. Toutefois, cette tolérance ne s’applique pas aux produits dangereux (médicaments falsifiés, jouets non conformes aux normes de sécurité, cosmétiques contenant des substances interdites, etc.) dont la détention constitue un risque grave pour la santé.
Pour limiter les risques, il est recommandé de rester attentif à plusieurs indices révélateurs :
L’acheteur doit être particulièrement vigilant lors des achats sur des plateformes de mise en relation où le vendeur n’est pas directement contrôlé par l’exploitant du site.
La première étape est de cesser immédiatement toute utilisation du produit et de ne pas chercher à le revendre, sous peine d’aggraver sa responsabilité pénale.
Le bien doit être signalé et transmis aux autorités compétentes :
Il est également utile de prévenir la marque concernée, titulaire des droits de propriété intellectuelle, qui pourra engager ses propres poursuites contre le vendeur.
L’acheteur dispose de plusieurs leviers juridiques :
Il est recommandé d’envoyer au vendeur une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception, exposant les faits, les références de la commande, les preuves de la contrefaçon (photos, attestations) et les demandes précises (remboursement, frais de retour).
En cas d’échec de la démarche amiable, l’acheteur peut saisir le tribunal judiciaire pour demander :
L’action peut être intentée dans un délai de 5 ans à compter de la découverte de la contrefaçon.
La lutte contre la contrefaçon est un enjeu majeur, non seulement pour la protection des droits de propriété intellectuelle, mais aussi pour la sécurité des consommateurs. Derrière l’attrait d’un prix alléchant ou d’une offre exceptionnelle se cache parfois un risque juridique et sanitaire important.
En cas de réception d’un produit contrefait, la réactivité est déterminante : ne pas conserver l’objet, signaler immédiatement les faits aux autorités compétentes et agir rapidement contre le vendeur sont des étapes clés pour faire valoir ses droits. Les recours prévus par la loi — qu’ils soient amiables ou judiciaires — permettent non seulement d’obtenir un remboursement, mais aussi de participer à la lutte contre un trafic qui cause chaque année des préjudices considérables aux consommateurs et aux entreprises.
Être vigilant, s’informer et agir en connaissance de cause reste la meilleure protection contre la contrefaçon. Grâce aux dispositifs juridiques existants et aux démarches simples à mettre en œuvre, chaque consommateur peut défendre ses intérêts et contribuer à assainir le marché.
1. Quels sont les risques si je conserve un produit contrefait acheté en ligne ?
La détention d’un produit contrefait est interdite par le Code de la propriété intellectuelle. Selon l’article L. 335-2, cela peut entraîner jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 300 000 € d’amende, même si l’article a été acquis par inadvertance.
Si l’acheteur savait qu’il s’agissait d’une contrefaçon et a choisi de la conserver, il commet un délit de recel (article 321-1 du Code pénal) passible de 5 ans d’emprisonnement et 375 000 € d’amende.
Ces sanctions s’ajoutent à la confiscation et destruction de l’objet, souvent décidées par le juge. Par ailleurs, les titulaires de la marque peuvent réclamer des dommages et intérêts proportionnés au préjudice subi.
2. Comment prouver qu’un produit acheté sur Internet est contrefait ?
La preuve repose sur un faisceau d’éléments tangibles. Il est conseillé de :
3. Que faire dès la réception d’un article suspecté de contrefaçon ?
Dès la découverte du doute :
4. Puis-je obtenir le remboursement d’un produit contrefait acheté en ligne ?
Oui. Plusieurs voies sont possibles :
5. Quelles autorités contacter en cas d’achat de contrefaçon sur Internet ?
Les recours peuvent être multipliés :