Arnaques

Achat en ligne frauduleux : comment agir et obtenir réparation

Estelle Marant
Collaboratrice
Partager

Achat sur Internet : sanctions et démarches en cas d’arnaque

Le développement du commerce en ligne a profondément transformé les habitudes d’achat, offrant aux consommateurs un accès élargi à une multitude de biens et services. Mais cette révolution numérique s’accompagne également d’une hausse notable des arnaques et tromperies sur Internet, qui peuvent prendre de multiples formes : absence de livraison, produits non conformes à la commande, contrefaçons, ou encore escroqueries organisées par des sites frauduleux.

Le droit français protège les acheteurs victimes de ces pratiques grâce à un arsenal juridique complet, mêlant dispositions civiles et pénales. Sur le plan répressif, l’escroquerie est définie et sanctionnée par l’article 313-1 du Code pénal (jusqu’à 5 ans de prison et 350 000 € d’amende) et la tromperie sur la marchandise par l’article L. 441-1 du Code de la consommation (jusqu’à 2 ans de prison et 300 000 € d’amende). *Sur le plan civil, le consommateur peut agir sur le fondement du

Sur le plan civil, le consommateur peut agir sur le fondement du dol, invoquer le droit de rétractation, ou mobiliser les garanties légales de conformité et contre les vices cachés.

Au-delà de la simple protection juridique, la maîtrise de ces recours permet au consommateur non seulement de faire annuler une transaction frauduleuse ou d’obtenir un remboursement intégral, mais aussi de sanctionner le vendeur et de contribuer à la lutte contre les pratiques déloyales sur Internet. Cet article, proposé par defendstesdroits.fr, vous présente les fondements légaux à invoquer, les étapes concrètes pour agir et les sanctions encourues par le vendeur en cas d’arnaque en ligne.

Sommaire

  1. Comprendre le cadre légal applicable aux arnaques en ligne
  2. Les différents fondements pour agir après une arnaque sur Internet
  3. Procédure à suivre en cas d’arnaque sur Internet
  4. Sanctions encourues par le vendeur

Comprendre le cadre légal applicable aux arnaques et tromperies en ligne

Le développement du commerce électronique a multiplié les cas d’arnaques sur Internet, allant du défaut de livraison à la tromperie sur la marchandise, en passant par de véritables escroqueries organisées. Le droit français encadre strictement ces situations, tant sur le plan pénal que civil, afin de protéger l’acheteur et de sanctionner le vendeur fautif.

Selon l’article 313-1 du Code pénal, l’escroquerie est punie de 5 ans d’emprisonnement et de 350 000 € d’amende. De son côté, le délit de tromperie prévu par l’article L. 441-1 du Code de la consommation est sanctionné de 2 ans d’emprisonnement et de 300 000 € d’amende.

Sur le plan civil, plusieurs fondements permettent à l’acheteur de demander l’annulation du contrat ou le remboursement des sommes versées :

  • Le dol, vice du consentement entraînant la nullité du contrat
  • La garantie légale de conformité
  • La garantie des vices cachés
  • Le droit de rétractation dans les 14 jours suivant la livraison
  • L’obligation de livraison dans les délais , avec un délai maximum légal de 30 jours

Les différents fondements pour agir après une arnaque en ligne

1. Exercice du droit de rétractation

Si l’acheteur découvre la tromperie moins de 14 jours après la livraison, il peut retourner le produit sans justification et obtenir le remboursement dans un délai maximal de 14 jours après la réception du retour, conformément à l’article L. 221-23 du Code de la consommation.

2. Action fondée sur les garanties légales ou le dol

Au-delà du délai de rétractation, l’acheteur peut :

  • Invoquer la garantie légale de conformité (2 ans à compter de la livraison)
  • Faire jouer la garantie des vices cachés (2 ans à compter de la découverte du défaut)
  • Invoquer le dol pour obtenir la nullité du contrat, restitution du prix et, éventuellement, des dommages-intérêts

3. Défaut de livraison

Si le bien n’est pas livré dans un délai maximum de 30 jours après la commande, l’acheteur peut résilier le contrat et exiger le remboursement intégral, en application de l’article L. 216-6 du Code de la consommation.

Procédure à suivre en cas d’arnaque sur Internet

Étape 1 : règlement amiable

Envoyer au vendeur une mise en cause écrite en recommandé avec accusé de réception, mentionnant :

  • Les faits précis (date de commande, nature du produit, problème rencontré)
  • Les références légales applicables
  • Un délai clair pour rembourser ou exécuter la prestation

Étape 2 : mise en demeure

En l’absence de réponse satisfaisante, adresser une mise en demeure plus formelle, avec rappel des textes de loi, et avertir de l’intention de saisir le tribunal.

Étape 3 : action judiciaire

Saisir le tribunal judiciaire (ou de proximité pour les litiges ≤ 10 000 €) pour demander :

  • L’exécution forcée du contrat
  • La résolution du contrat et le remboursement
  • Des dommages-intérêts en réparation du préjudice subi

Sanctions encourues par le vendeur

En cas d’arnaque lors d’un achat sur Internet ou de tromperie volontaire envers le consommateur, le vendeur s’expose à plusieurs catégories de sanctions prévues par la loi, en plus de l’obligation de restituer les sommes indûment perçues.

1. Sanctions pénales

Selon la gravité des faits, plusieurs infractions peuvent être retenues :

  • Escroquerie : punie de 5 ans d’emprisonnement et 350 000 € d’amende, avec des peines pouvant être aggravées en cas de circonstances particulières (victime vulnérable, bande organisée, etc.).
  • Tromperie sur la marchandise : sanctionnée de 2 ans d’emprisonnement et 300 000 € d’amende. Le montant de l’amende peut être porté à 10 % du chiffre d’affaires moyen annuel pour les entreprises.
  • Pratiques commerciales trompeuses : amendes pouvant atteindre 300 000 € et 2 ans d’emprisonnement.

2. Interdiction d’exercer certaines activités

En complément des peines principales, le tribunal peut prononcer des peines complémentaires telles que :

  • Interdiction d’exercer une activité commerciale ou industrielle, à titre temporaire ou définitif
  • Fermeture de l’établissement ou du site internet ayant servi à commettre l’infraction
  • Exclusion des marchés publics pour les professionnels

Ces mesures visent à empêcher la récidive et à protéger les consommateurs.

3. Inscription au casier judiciaire

Toute condamnation pénale entraîne l’inscription au casier judiciaire du vendeur, dans le bulletin n°1 (accessible uniquement aux autorités judiciaires).
Certaines condamnations peuvent également apparaître au bulletin n°2, ce qui peut avoir un impact direct sur :

  • L’accès à certaines professions réglementées (ex. commerce, gestion, finance)
  • L’obtention de marchés publics ou de contrats avec des organismes publics
  • La réputation professionnelle et commerciale du vendeur

Conclusion

Être victime d’une arnaque lors d’un achat sur Internet ne doit pas conduire à la résignation. Le droit français offre à l’acheteur un cadre juridique protecteur et des outils efficaces pour obtenir réparation. Selon la situation, il est possible d’exercer le droit de rétractation dans un délai légal, d’invoquer les garanties légales pour obtenir réparation, ou encore de demander la nullité du contrat pour vice du consentement.

Face à un vendeur récalcitrant, l’acheteur dispose de plusieurs voies : résolution amiable par lettre de mise en cause, mise en demeure en bonne et due forme, et si nécessaire, action judiciaire devant le tribunal compétent. Ces démarches, lorsqu’elles sont appuyées par les références légales appropriées, augmentent significativement les chances d’obtenir un remboursement et, dans certains cas, des dommages-intérêts.

En agissant rapidement, en documentant chaque étape et en connaissant ses droits, le consommateur se donne les moyens de rétablir l’équilibre contractuel et de contribuer à la dissuasion des pratiques frauduleuses sur Internet. L’information juridique et la vigilance sont les meilleurs alliés pour protéger ses intérêts dans le monde du commerce en ligne.

FAQ

1. Quels sont les droits du consommateur en cas d’arnaque lors d’un achat en ligne ?
Le consommateur bénéficie d’une protection renforcée par le Code civil et le Code de la consommation.

  • Le dol (article 1137 du Code civil) permet d’annuler le contrat si le vendeur a volontairement trompé l’acheteur.
  • La garantie légale de conformité (articles L. 217-4 à L. 217-14 du Code de la consommation) permet de demander la réparation, le remplacement ou le remboursement si le produit reçu ne correspond pas à la description ou présente un défaut.
  • La garantie des vices cachés (article 1641 du Code civil) protège contre les défauts non visibles rendant le produit impropre à l’usage prévu.
  • Le droit de rétractation (article L. 221-18) autorise un retour sans justification dans un délai légal de 14 jours après livraison.
    Ces droits permettent d’obtenir le remboursement, une réduction de prix, la réparation ou l’annulation de la vente.

2. Comment exercer le droit de rétractation après un achat sur Internet ?
Le droit de rétractation s’applique à la plupart des achats en ligne.

  • Délai : 14 jours calendaires à compter de la réception du produit.
  • Procédure : informer le vendeur par écrit (formulaire type ou lettre recommandée), renvoyer le produit et conserver la preuve d’expédition.
  • Remboursement : le vendeur dispose de 14 jours à compter de la réception du produit pour rembourser, y compris les frais de livraison standard.
  • Exceptions : ce droit ne s’applique pas aux biens personnalisés, périssables, ou aux contenus numériques téléchargés après accord préalable du consommateur.

3. Que faire si le vendeur ne livre pas le produit commandé ?
La loi impose au vendeur de livrer dans le délai convenu ou, à défaut, dans un délai maximum de 30 jours (article L. 216-1).

  • Si ce délai est dépassé, l’acheteur peut envoyer une mise en demeure pour exiger la livraison dans un nouveau délai raisonnable.
  • En l’absence de livraison dans ce délai, il peut demander la résolution du contrat (article L. 216-6) et obtenir un remboursement intégral sous 14 jours.
  • En cas de refus ou d’inaction, il est possible de saisir le tribunal judiciaire ou de recourir à un médiateur de la consommation.

4. Peut-on engager la responsabilité pénale d’un vendeur en ligne frauduleux ?
Oui, si les faits relèvent d’une infraction pénale :

  • Escroquerie (article 313-1 du Code pénal) : utilisation de manœuvres frauduleuses pour obtenir un paiement ou des données personnelles.
  • Tromperie (article L. 441-1 du Code de la consommation) : vente d’un produit non conforme à la description ou de qualité inférieure à celle annoncée.
    Ces infractions sont passibles de peines d’emprisonnement et de fortes amendes. La plainte peut être déposée auprès de la gendarmerie, du commissariat ou par écrit au procureur de la République.

5. Quelles sont les étapes pour obtenir réparation en cas d’arnaque ?

  1. Constitution d’un dossier : preuves de l’achat (facture, confirmation de commande, échanges avec le vendeur, photos du produit reçu).
  2. Mise en cause amiable : courrier recommandé exposant les faits, les textes applicables et la demande (remboursement, réparation, remplacement).
  3. Mise en demeure : nouvelle lettre formelle précisant que faute de réponse sous 8 jours, une action judiciaire sera engagée.
  4. Action judiciaire : saisir le tribunal compétent (tribunal judiciaire ou de proximité selon le montant) pour obtenir remboursement et dommages-intérêts.
  5. Médiation : possibilité de recourir à un médiateur de la consommation pour tenter un règlement amiable avant le procès.

Articles Récents

Besoin d'aide ?

Nos équipes sont là pour vous guider !

Thank you! Your submission has been received!
Oops! Something went wrong while submitting the form.