Les amendes pour excès de vitesse constituent aujourd’hui l’une des infractions les plus fréquentes relevées sur les routes françaises. Avec la généralisation des radars automatiques et le renforcement des contrôles routiers, les conducteurs sont de plus en plus nombreux à recevoir un avis de contravention. Pourtant, toute verbalisation n’est pas forcément irréfutable : la loi encadre strictement la procédure de constatation et de contestation des infractions routières.
Un avis de contravention peut être entaché d’irrégularités, que ce soit dans la forme du procès-verbal, dans l’identification du véhicule ou dans la notification de la sanction. Le Code de procédure pénale offre ainsi aux conducteurs des voies de recours légales et précises leur permettant de faire valoir leurs droits et, dans certains cas, d’obtenir une relaxe ou une réduction des sanctions.
Contester une amende pour excès de vitesse ne consiste pas simplement à exprimer son désaccord, mais à mettre en œuvre une stratégie juridique structurée, fondée sur des délais, des motifs légitimes et des preuves solides. Cette démarche peut se faire seul, ou avec l’appui d’un avocat spécialisé en droit routier, pour maximiser les chances de succès.
Les articles 529-10 et 530 du Code de procédure pénale encadrent les modalités de contestation d’une contravention et d’une amende majorée. Ces textes fixent les délais impératifs pour agir ainsi que les procédures à suivre. En pratique, le contrevenant dispose :
La contestation peut s’effectuer en ligne ou par courrier recommandé avec accusé de réception, en utilisant le formulaire de requête en exonération ou celui de réclamation, selon la situation.
La loi distingue cinq niveaux d’excès de vitesse, chacun entraînant des sanctions différentes prévues notamment par le Code de la route.
Contravention de 4ᵉ classe, retrait de 2 points, amende forfaitaire de 135 € (90 € minorée, 375 € majorée).
Contravention de 4ᵉ classe, retrait de 3 points, amende forfaitaire identique à la tranche précédente.
Contravention de 4ᵉ classe, retrait de 4 points, amende forfaitaire de 135 € et amende maximale de 750 € devant le juge. Des peines complémentaires peuvent être prononcées : suspension du permis jusqu’à 3 ans, interdiction de conduire certains véhicules ou obligation de stage de sensibilisation.
Contravention de 5ᵉ classe, retrait de 6 points, amende jusqu’à 1 500 €, suspension du permis jusqu’à 3 ans, confiscation du véhicule possible. En cas de récidive, l’amende peut atteindre 3 750 € avec 3 mois de prison et une interdiction de conduire jusqu’à 5 ans.
Le conducteur reçoit l’avis de contravention à son domicile, à l’adresse figurant sur la carte grise. Aucune interpellation physique n’est nécessaire. La contestation se fonde alors principalement sur des éléments techniques ou administratifs.
Le conducteur est directement identifié lors du contrôle. Dans ce cas, les possibilités de contestation sont plus limitées et nécessitent une analyse juridique précise, notamment pour déceler d’éventuels vices de procédure. L’accompagnement par un avocat spécialisé en droit routier est alors particulièrement pertinent.
Le respect des délais est essentiel :
En cas de radar automatique, le conducteur peut demander la photo de l’infraction. Cette demande doit être accompagnée de la carte grise, d’une pièce d’identité, d’une copie de l’avis et d’une enveloppe affranchie. Attention : cette demande ne suspend pas le délai de contestation.
La consignation, encaissée par l’État, est restituée si la contestation aboutit.
Plusieurs arguments peuvent être avancés :
Si la contestation est irrecevable, l’officier du ministère public en informe le contrevenant. Si elle est recevable, il peut :
Un avocat en droit routier peut alors défendre efficacement le conducteur en identifiant les failles de procédure ou en démontrant l’absence de responsabilité.
Loin d’être une formalité anodine, la contestation d’une amende pour excès de vitesse relève d’une procédure juridique encadrée par la loi et soumise à des délais stricts. Chaque étape – de la requête en exonération à l’éventuelle audience devant le tribunal de police – peut influencer l’issue du dossier. Une contestation bien préparée repose sur des preuves tangibles, une maîtrise des textes applicables et, idéalement, une stratégie juridique adaptée à la situation.
Qu’il s’agisse d’un vice de procédure, d’une erreur d’identification ou d’une absence de responsabilité, la législation offre aux automobilistes la possibilité de se défendre. L’assistance d’un avocat en droit routier peut faire la différence, notamment dans les dossiers sensibles (grand excès de vitesse, permis probatoire, professionnels de la route).
En connaissant précisément vos droits et les mécanismes légaux à votre disposition, vous augmentez vos chances d’éviter des sanctions injustifiées, de protéger votre permis de conduire et de faire respecter les règles de droit qui encadrent la circulation routière.
1. Comment contester une amende pour excès de vitesse ?
Contester une amende pour excès de vitesse implique une procédure encadrée par les articles 529-10 et 530 du Code de procédure pénale. Le conducteur dispose de 45 jours à compter de la réception de l’avis de contravention ou de 30 jours en cas d’amende forfaitaire majorée pour déposer une requête en exonération (dans le cas d’une amende forfaitaire) ou une réclamation motivée (dans le cas d’une amende majorée).
La contestation peut être effectuée :
Il est fortement recommandé de joindre à cette requête des éléments de preuve solides : témoignages, documents prouvant que le conducteur n’était pas au volant, ou encore demande de photographie pour vérifier l’identification du véhicule en cas de radar automatique. Le non-paiement de l’amende pendant la procédure est essentiel : le règlement vaut reconnaissance de l’infraction et rend toute contestation caduque.
2. Quels sont les délais légaux à respecter ?
Les délais légaux sont impératifs et constituent une condition essentielle de recevabilité de la contestation.
La demande de photographie en cas de radar automatique n’interrompt en aucun cas ces délais. Le non-respect des délais entraîne la perte du droit à contester et la mise en recouvrement forcée de l’amende par le Trésor public. De plus, le retrait de points devient effectif dès le paiement ou à défaut, à l’issue de la procédure.
3. Quels motifs peuvent justifier une contestation ?
La loi prévoit plusieurs motifs légitimes pouvant fonder une contestation :
Ces motifs doivent toujours être étayés par des preuves écrites ou des témoignages crédibles, faute de quoi la contestation risque d’être rejetée.
4. Quelles sont les conséquences si la contestation échoue ?
Si la contestation est jugée irrecevable ou non fondée, plusieurs conséquences s’appliquent :
En revanche, si la contestation est recevable, l’officier du ministère public peut décider de classer l’affaire sans suite ou de transmettre le dossier au tribunal de police. Le juge pourra alors prononcer une relaxe, une amende adaptée ou maintenir la sanction initiale. Dans certains cas, la procédure peut être annulée pour vice de forme ou de procédure, ce qui entraîne la restitution de la consignation.
5. Pourquoi faire appel à un avocat pour contester une amende ?
L’intervention d’un avocat spécialisé en droit routier peut s’avérer déterminante, surtout en cas d’excès de vitesse significatif ou de situation complexe. Ce professionnel dispose d’une connaissance approfondie :
Il peut identifier des irrégularités dans le procès-verbal ou dans la procédure que le conducteur moyen ne saurait repérer. Devant le tribunal de police, il est en mesure de présenter une argumentation juridique solide, d’exploiter les zones d’ombre de la procédure et d’optimiser les chances de relaxe ou de réduction de la peine. Pour les professionnels dépendant de leur permis (chauffeurs, commerciaux…), cette assistance peut éviter des conséquences lourdes sur leur activité.