Dans la vie professionnelle, certaines circonstances personnelles imposent de mettre temporairement entre parenthèses son activité. Mariage, naissance d’un enfant, décès d’un proche ou encore annonce d’un handicap dans la famille sont autant d’événements majeurs qui justifient une absence légale du salarié.
Ces congés exceptionnels pour événements familiaux, encadrés par les articles L3142-1 et suivants du Code du travail, garantissent à tous les travailleurs, quels que soient leur contrat ou leur ancienneté, la possibilité de se consacrer à ces moments importants tout en préservant leurs droits et leur rémunération.
Trop souvent méconnus, ces congés sont pourtant d’ordre public : l’employeur ne peut ni les refuser ni les réduire en dessous des minima légaux.
Toutefois, des litiges naissent encore, qu’il s’agisse de refus abusifs, de tentatives d’imputation sur des RTT ou de contestations sur la durée accordée. Comprendre le cadre légal, la procédure de demande et les recours possibles est donc essentiel pour défendre ses droits.
L’article L3142-1 du Code du travail fixe les durées minimales de congés exceptionnels, sauf dispositions plus favorables prévues par une convention collective ou un accord d’entreprise :
Ces durées constituent un socle légal : l’employeur ne peut pas accorder moins, mais il peut prévoir davantage par accord interne.
Pour bénéficier d’un congé exceptionnel pour événement familial, le salarié doit respecter certaines conditions prévues par le Code du travail :
⚠ Important : un salarié déjà absent (congé payé, congé sans solde, arrêt maladie, etc.) au moment de l’événement ne peut pas demander rétroactivement à bénéficier du congé exceptionnel à son retour. Ce droit est lié à la présence effective dans l’entreprise au moment où l’événement se produit.
Conseil pratique : pour éviter toute ambiguïté, il est recommandé de préciser dans la demande écrite les dates exactes d’absence, la nature de l’événement et de joindre immédiatement le justificatif correspondant.
Les congés exceptionnels sont intégralement rémunérés, sans réduction de salaire, et comptabilisés comme du temps de travail effectif conformément à l’article L3141-5 du Code du travail. Cela signifie que :
Ces congés ne peuvent en aucun cas être imputés sur les jours de RTT ou sur les congés payés annuels. Une telle pratique constituerait une violation des dispositions légales d’ordre public.
Toute tentative de l’employeur de remplacer un congé exceptionnel par un autre type d’absence (jour sans solde, congé payé, récupération d’heures) est illégale et peut être contestée devant le Conseil de prud’hommes.
Exemple : un salarié bénéficiant de 4 jours pour son mariage ne peut se voir imposer que ces jours soient déduits de son solde de congés annuels. Si l’employeur procède ainsi, le salarié pourra exiger le rétablissement de ses droits et, le cas échéant, demander des dommages-intérêts pour préjudice subi.
Il est donc recommandé au salarié de conserver tout écrit (courriel, courrier, fiche de paie) démontrant que le congé exceptionnel a été correctement rémunéré et enregistré comme temps de travail effectif, afin de pouvoir faire valoir ses droits en cas de litige.
Si l’employeur refuse d’accorder le congé alors que les conditions légales sont réunies :
Phase amiable
Phase contentieuse
Les congés exceptionnels pour événements familiaux ne constituent pas un avantage discrétionnaire accordé par l’employeur, mais bien un droit opposable, protégé par la loi et accessible à tous les salariés.
En connaître les contours – durées légales, conditions d’octroi, justificatifs requis – permet non seulement de faire valoir ses droits mais aussi d’anticiper tout litige.
Face à un refus injustifié ou à une tentative de contournement des règles, la loi offre des leviers concrets : mise en demeure, saisine du Conseil de prud’hommes et, le cas échéant, assistance d’un avocat spécialisé. Préserver ce droit, c’est affirmer que les moments marquants de la vie privée doivent pouvoir être vécus sereinement, sans crainte de répercussions professionnelles.
1. Quels événements ouvrent droit à un congé exceptionnel ?
L’article L3142-1 du Code du travail liste précisément les événements familiaux donnant droit à une absence rémunérée :
Ces droits sont d’ordre public, c’est-à-dire que l’employeur ne peut pas les réduire par accord ou contrat. Les conventions collectives peuvent en revanche prévoir des durées plus favorables. Par exemple, dans le secteur bancaire, le décès d’un parent peut donner droit à 5 jours au lieu de 3.
2. Quelle est la durée légale des congés exceptionnels et peut-elle être augmentée ?
La loi fixe un plancher légal qui s’impose à tous. Certaines branches professionnelles, via leur convention collective, accordent plus de jours. Par exemple :
Il est donc important pour le salarié de vérifier sa convention collective (souvent annexée au contrat de travail) pour savoir si ses droits sont améliorés.
3. Comment demander un congé exceptionnel à son employeur ?
La demande doit être formalisée par écrit (courrier ou email) et accompagnée d’un justificatif officiel : acte de naissance, acte de mariage, certificat de décès, notification MDPH pour un handicap…
4. Les congés exceptionnels sont-ils toujours rémunérés et comment sont-ils comptabilisés ?
Oui, ces jours sont assimilés à du temps de travail effectif (article L3142-2 du Code du travail) :
5. Quels sont les recours possibles en cas de refus injustifié de l’employeur ?
Si l’employeur refuse sans motif valable :