Congés familiaux 2025 : Guide complet de vos droits légaux pour événements importants
L'équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle constitue aujourd'hui une exigence sociale reconnue par le droit du travail. Dans cette perspective, le législateur a prévu des congés exceptionnels pour événements familiaux afin de permettre aux salariés d'être présents lors d'événements marquants tels que le mariage, la conclusion d'un PACS, une naissance ou le décès d'un proche.
Ces congés, souvent appelés congés pour événements familiaux, ne sont pas déduits des congés payés classiques et s'accompagnent d'un régime juridique protecteur. Leur durée légale a été récemment renforcée, notamment par la loi du 19 juillet 2023, afin d'assurer une meilleure prise en compte des situations humaines les plus sensibles, en particulier en cas de décès ou de maladie grave d'un enfant. En 2025, ces dispositions demeurent en vigueur et constituent un socle minimal de protection pour tous les salariés du secteur privé.
Ces droits légaux peuvent être améliorés par les conventions collectives, qui prévoient souvent des congés supplémentaires ou plus longs pour certains événements familiaux. L'objectif est d'offrir aux salariés un temps d'adaptation et un accompagnement juridique solide dans ces moments déterminants de la vie familiale. Pour toute question sur vos droits en tant que salarié, consultez notre guide des droits des salariés.
Sommaire
- Définition légale des congés exceptionnels pour événements familiaux
- Les durées légales prévues par le Code du travail en 2025
- Les nouveaux droits instaurés par la loi de 2023
- Les avantages supplémentaires des conventions collectives
- Les démarches pour bénéficier de ces congés
- Le congé de deuil et ses modalités particulières
- Les enjeux pratiques pour les employeurs et les salariés
- Questions fréquentes (FAQ)
Définition légale des congés exceptionnels pour événements familiaux
Qu'est-ce qu'un congé exceptionnel ?
Les congés exceptionnels, également appelés congés pour événements familiaux ou autorisations d'absence exceptionnelle, sont des jours d'absence autorisés et rémunérés accordés aux salariés lors d'événements familiaux importants. Ces congés sont encadrés par les articles L3142-1 à L3142-4 du Code du travail.
Caractéristiques essentielles en 2025 :
- Ces congés ne sont pas déduits des congés payés annuels
- Ils sont rémunérés comme du temps de travail effectif
- Ils s'appliquent sans condition d'ancienneté
- Le salarié est protégé contre le licenciement pendant ces périodes
- L'employeur ne peut pas refuser ces congés lorsqu'ils sont prévus par la loi
- Les jours de congés peuvent être fractionnés ou consécutifs selon les situations
Ces droits constituent un plancher minimal : votre convention collective peut prévoir des durées plus longues ou des événements supplémentaires. Pour connaître vos droits spécifiques, consultez votre convention collective applicable.
Qui peut en bénéficier ?
Tous les salariés du secteur privé peuvent bénéficier des congés exceptionnels pour événements familiaux, quel que soit :
- Leur type de contrat (CDI, CDD, contrat d'apprentissage, contrat de professionnalisation)
- Leur ancienneté dans l'entreprise
- Leur temps de travail (temps plein ou temps partiel)
- La taille de l'entreprise
Les agents publics bénéficient également de congés pour événements familiaux, mais selon des règles spécifiques prévues par leur statut.
Les durées légales prévues par le Code du travail en 2025
Tableau récapitulatif des congés exceptionnels
Voici un tableau actualisé pour 2025 des durées minimales légales de congés exceptionnels selon l'événement :
| Événement familial | Durée minimale légale | Base légale |
|---|---|---|
| Mariage ou PACS du salarié | 4 jours | Article L3142-1 |
| Mariage d'un enfant | 1 jour | Article L3142-1 |
| Naissance ou adoption | 3 jours (en plus du congé de paternité) | Article L3142-1 |
| Décès d'un enfant (moins de 25 ans) | 14 jours + congé de deuil de 8 jours (soit 22 jours au total) | Articles L3142-1-1 et L3142-4 |
| Décès du conjoint, partenaire de PACS ou concubin | 3 jours + congé de deuil de 8 jours (soit 11 jours au total) | Articles L3142-1 et L3142-1-1 |
| Décès du père, de la mère, du beau-père, de la belle-mère | 3 jours | Article L3142-1 |
| Décès d'un frère ou d'une sœur | 3 jours | Article L3142-1 |
| Annonce de la survenue d'un handicap chez un enfant | 2 jours | Article L3142-3 |
| Annonce d'un cancer, maladie chronique ou pathologie grave chez un enfant (moins de 25 ans) | 5 jours | Article L3142-3 |
Important : Ces durées sont des minimums légaux. Votre convention collective ou accord d'entreprise peut prévoir des durées plus favorables. Pensez à vérifier vos droits auprès de votre service RH ou sur notre plateforme d'information juridique.
Précisions sur le calcul des jours
Les jours de congés exceptionnels sont comptés en jours ouvrables (du lundi au samedi, hors dimanche et jours fériés) ou en jours ouvrés (du lundi au vendredi) selon les pratiques de l'entreprise.
Exemple concret : Si vous bénéficiez de 4 jours de congé pour votre mariage et que vous posez ces jours du lundi au jeudi, vous reprenez le travail le vendredi. Si un jour férié tombe pendant cette période, il ne compte pas dans les 4 jours.
Les congés peuvent être fractionnés dans certains cas, notamment pour le congé de deuil. Cette flexibilité permet de s'adapter aux contraintes liées à l'organisation des obsèques ou aux démarches administratives.
Les nouveaux droits instaurés par la loi de 2023
Renforcement du congé de deuil
La loi du 19 juillet 2023 visant à renforcer la prévention et la lutte contre l'intensification et l'extension du risque incendie a introduit des modifications importantes concernant les congés familiaux, notamment :
1. Allongement du congé en cas de décès d'un enfant
Depuis 2023, en cas de décès d'un enfant de moins de 25 ans ou d'une personne de moins de 25 ans à charge effective et permanente, le salarié bénéficie désormais de :
- 14 jours de congé exceptionnel (au lieu de 7 jours auparavant)
- + 8 jours de congé de deuil supplémentaire
- Soit un total de 22 jours
Cette mesure reconnaît la gravité exceptionnelle de cette épreuve et permet aux parents endeuillés de disposer d'un temps suffisant pour faire leur deuil et accomplir les démarches nécessaires.
2. Extension du congé de deuil au conjoint et partenaire
Le congé de deuil de 8 jours, initialement prévu uniquement pour le décès d'un enfant, a été étendu au décès :
- Du conjoint
- Du partenaire de PACS
- Du concubin
Ces 8 jours s'ajoutent aux 3 jours de congé exceptionnel déjà prévus, portant le total à 11 jours en cas de décès du conjoint ou partenaire en 2025.
3. Congé en cas d'annonce d'une pathologie grave chez un enfant
Depuis 2023, les parents bénéficient de 5 jours de congé en cas d'annonce :
- D'un cancer
- D'une maladie chronique nécessitant un apprentissage thérapeutique
- D'une pathologie engageant le pronostic vital
Ce congé concerne les enfants de moins de 25 ans à charge. Il permet aux parents de faire face au choc de l'annonce, d'accompagner leur enfant et d'organiser la prise en charge médicale. Ce droit reste pleinement applicable en 2025.
Modalités de prise de ces nouveaux congés
Ces congés peuvent être pris :
- Immédiatement après l'événement ou l'annonce
- De manière continue ou fractionnée
- Dans un délai d'un an suivant le décès ou l'annonce du handicap/de la maladie
Le salarié doit informer son employeur au moins 24 heures avant la prise de chaque période de congé (sauf impossibilité). Pour connaître les modalités précises de notification, consultez notre guide des démarches administratives.
Les avantages supplémentaires des conventions collectives
Le principe de faveur
Les durées légales des congés exceptionnels constituent un socle minimal. Les conventions collectives, les accords de branche ou les accords d'entreprise peuvent prévoir des dispositions plus favorables.
En application du principe de faveur, c'est toujours la disposition la plus avantageuse pour le salarié qui s'applique. En 2025, de nombreuses conventions collectives offrent des durées de congés supérieures aux minimums légaux.
Exemples d'améliorations conventionnelles courantes
Voici quelques exemples de dispositions plus favorables fréquemment rencontrées dans les conventions collectives :
- Mariage ou PACS : jusqu'à 6-7 jours au lieu de 4
- Naissance ou adoption : jusqu'à 5 jours au lieu de 3
- Décès d'un parent : jusqu'à 5 jours au lieu de 3
- Décès d'un grand-parent : 1 à 2 jours (non prévu par la loi)
- Déménagement : 1 à 2 jours (non prévu par la loi)
- Rentrée scolaire : quelques heures ou une demi-journée (non prévu par la loi)
Comment vérifier vos droits conventionnels ?
Pour connaître les droits prévus par votre convention collective en 2025 :
- Consultez votre bulletin de paie qui mentionne la convention collective applicable (code IDCC)
- Demandez un exemplaire à votre service des ressources humaines
- Consultez la convention sur le site Légifrance
- Rapprochez-vous des représentants du personnel (CSE, délégués syndicaux)
- Utilisez notre outil de recherche des conventions collectives
Attention : Certaines conventions collectives prévoient des conditions d'ancienneté pour bénéficier de congés supplémentaires (par exemple, 1 an d'ancienneté pour obtenir des jours supplémentaires). Vérifiez bien les conditions applicables à votre situation.
Les démarches pour bénéficier de ces congés
Informer l'employeur
Pour bénéficier d'un congé exceptionnel, le salarié doit informer son employeur de l'événement justifiant l'absence. Cette information doit être faite :
- Dès que possible après la survenance de l'événement
- Par tout moyen : appel téléphonique, SMS, email, courrier (privilégiez un moyen traçable)
- En indiquant la nature de l'événement et la durée prévisible de l'absence
Délai spécifique pour le congé de deuil : Le salarié doit informer l'employeur au moins 24 heures avant la prise de chaque période de congé, sauf cas d'impossibilité.
Justificatifs à fournir
L'employeur peut demander un justificatif pour s'assurer de la réalité de l'événement. Les documents couramment demandés en 2025 sont :
| Événement | Justificatif à fournir |
|---|---|
| Mariage ou PACS | Copie de l'acte de mariage ou du certificat de PACS |
| Naissance ou adoption | Copie de l'acte de naissance ou du jugement d'adoption |
| Décès | Copie de l'acte de décès ou du certificat de décès |
| Annonce d'un handicap ou d'une pathologie grave | Certificat médical attestant de l'annonce |
Ces justificatifs doivent généralement être fournis dans un délai raisonnable, souvent fixé à quelques jours après la reprise du travail.
Point de départ et prise des congés
Les congés exceptionnels peuvent généralement être pris :
- Immédiatement lors de la survenance de l'événement
- Ou dans un délai raisonnable suivant l'événement
Pour le congé de deuil (8 jours), le point de départ court à compter :
- Du décès de la personne concernée
- Et peut être pris dans un délai d'un an suivant le décès
- De manière fractionnée ou continue
L'employeur ne peut pas refuser un congé exceptionnel légal. Tout refus abusif peut être contesté et constitue une violation du droit du travail. Pour vous faire accompagner en cas de litige, consultez notre service d'aide juridique.
Le congé de deuil et ses modalités particulières
Qu'est-ce que le congé de deuil ?
Le congé de deuil est un dispositif spécifique distinct des congés exceptionnels classiques. Il a été créé pour permettre aux salariés de faire face au décès d'un proche dans les meilleures conditions.
Durée en 2025 : Le congé de deuil est de 8 jours et s'ajoute aux jours de congé exceptionnel prévus pour décès. Il s'applique en cas de décès :
- D'un enfant (quel que soit son âge, y compris enfant majeur)
- D'une personne de moins de 25 ans à charge effective et permanente
- Du conjoint, partenaire de PACS ou concubin
Cumul congé exceptionnel + congé de deuil
Le congé de deuil s'ajoute au congé exceptionnel pour décès prévu par le Code du travail :
- Décès d'un enfant de moins de 25 ans : 14 jours de congé exceptionnel + 8 jours de congé de deuil = 22 jours au total
- Décès du conjoint/partenaire/concubin : 3 jours de congé exceptionnel + 8 jours de congé de deuil = 11 jours au total
Ces jours sont rémunérés comme du temps de travail effectif et ne sont pas déduits des congés payés.
Modalités de prise du congé de deuil
Le congé de deuil présente des modalités de prise flexibles pour s'adapter aux besoins du salarié endeuillé :
- Délai : Le congé peut être pris dans un délai d'un an suivant le décès
- Fractionnement : Le congé peut être pris en une seule fois ou fractionné en plusieurs périodes
- Information préalable : Le salarié doit informer l'employeur au moins 24 heures avant le début de chaque période de congé (sauf impossibilité)
- Justificatif : L'acte de décès doit être fourni à l'employeur
Exemple pratique : Après le décès de son enfant, un salarié prend immédiatement 14 jours de congé exceptionnel pour organiser les obsèques et gérer l'urgence. Deux mois plus tard, il ressent le besoin de prendre du temps pour lui et sa famille : il peut alors utiliser ses 8 jours de congé de deuil, en une ou plusieurs fois, dans les 12 mois suivant le décès.
Protection contre le licenciement
Pendant le congé de deuil, le salarié bénéficie d'une protection contre le licenciement. L'employeur ne peut pas rompre le contrat de travail pendant cette période, sauf en cas de :
- Faute grave du salarié
- Impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger au congé
Toute rupture abusive peut donner lieu à une action en justice. Pour défendre vos droits, n'hésitez pas à consulter notre guide sur la protection contre le licenciement.
Les enjeux pratiques pour les employeurs et les salariés
Pour les salariés : connaître et exercer ses droits
Les bons réflexes en 2025 :
- Informez rapidement votre employeur de l'événement familial dès que possible
- Conservez tous les justificatifs (actes, certificats) en plusieurs exemplaires
- Vérifiez votre convention collective pour connaître vos droits complets
- Demandez une confirmation écrite de la validation de votre congé
- N'hésitez pas à solliciter les représentants du personnel en cas de difficulté
- Consultez un avocat spécialisé en droit du travail si vos droits ne sont pas respectés
Cas particuliers à connaître :
- Télétravail : Si vous êtes en télétravail, vous avez les mêmes droits qu'un salarié sur site
- Temps partiel : La durée des congés n'est pas proratisée, vous avez droit aux mêmes durées qu'un salarié à temps plein
- Période d'essai : Les congés exceptionnels sont accessibles même pendant la période d'essai
- CDD et intérim : Vous bénéficiez des mêmes droits que les salariés en CDI
Pour toute question sur vos droits en tant que salarié, notre équipe est disponible sur defendstesdroits.fr.
Pour les employeurs : respecter les obligations légales
Les employeurs doivent en 2025 :
- Accorder automatiquement les congés exceptionnels dès lors que le salarié justifie de l'événement
- Maintenir la rémunération pendant toute la durée du congé
- Ne pas imputer ces jours sur les congés payés annuels
- Respecter la vie privée du salarié et la confidentialité des informations transmises
- Informer les salariés de leurs droits (affichage, livret d'accueil, intranet)
- Adapter l'organisation pour pallier l'absence sans pénaliser le salarié
Sanctions en cas de non-respect :
- Refus injustifié d'un congé exceptionnel : discrimination ou atteinte aux droits fondamentaux
- Non-paiement des jours de congé : infraction au Code du travail
- Licenciement pendant un congé de deuil : licenciement nul avec dommages et intérêts
Les employeurs sont encouragés à aller au-delà du strict minimum légal en développant des politiques RH bienveillantes : accompagnement psychologique, flexibilité accrue, aménagement du temps de travail au retour, etc.
Gestion du retour au travail
Le retour au travail après un congé pour événement familial, en particulier après un deuil, peut être délicat. Quelques bonnes pratiques pour 2025 :
Pour le salarié :
- N'hésitez pas à demander un entretien de retour avec votre manager ou les RH
- Communiquez vos besoins éventuels : télétravail temporaire, aménagement d'horaires, réduction de charge
- Renseignez-vous sur les dispositifs d'accompagnement (soutien psychologique, assistante sociale)
- Sollicitez le médecin du travail si nécessaire pour un aménagement de poste
Pour l'employeur :
- Organisez un entretien bienveillant de reprise
- Proposez un retour progressif ou des aménagements temporaires si possible
- Sensibilisez l'équipe au respect de l'intimité et à la bienveillance
- Évitez de surcharger immédiatement le salarié au retour

