Travail

Législation sur l’embauche des mineurs : ce que tout employeur doit savoir

Estelle Marant
Collaboratrice
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Recruter un mineur : obligations légales et formalités d’embauche

Embaucher un mineur peut constituer une excellente opportunité pour les employeurs, notamment lors de l’embauche de jeunes travailleurs pour des emplois saisonniers, comme ceux pendant les vacances d'été.

Cependant, cette démarche est strictement encadrée par la législation afin de garantir la protection des jeunes travailleurs, leur santé et leur moralité.

Les règles concernant l’âge d’embauche, la durée de travail, la rémunération, ainsi que les formalités administratives doivent être scrupuleusement respectées. Que vous souhaitiez recruter un jeune de moins de 18 ans pour une courte mission ou pour un contrat à durée plus longue, vous devez comprendre les obligations légales qui vous incombent.

Cet article vous présente les règles essentielles pour embaucher un mineur en toute conformité, tout en vous éclairant sur les documents nécessaires, les travaux autorisés, et les dispositions relatives à la sécurité et à la rémunération des jeunes travailleurs.

Sommaire :

  1. À partir de quel âge est-il possible d'embaucher un mineur en contrat saisonnier ?
  2. Quels documents faut-il pour embaucher un mineur ?
  3. Quelle est la réglementation du travail pour les jeunes de 15 à 18 ans ?
  4. Dispositions relatives à l'embauche des enfants de salariés pour un job saisonnier
  5. Quelles sanctions en cas de discrimination à l'embauche en raison de la situation de famille ?
  6. Quel salaire verser à un mineur pour un job d'été ?
  7. Les mineurs peuvent-ils travailler les jours fériés ?
  8. Un mineur peut-il travailler de nuit ?
  9. Les jeunes travailleurs peuvent-ils effectuer des heures supplémentaires ?

1. À partir de quel âge est-il possible d'embaucher un mineur en contrat saisonnier ?

En France, il est possible d’embaucher un mineur à partir de 16 ans. Toutefois, certaines conditions doivent être remplies. À partir de cet âge, un mineur peut être embauché sous certaines restrictions, et il doit obtenir l’accord de son représentant légal (parent ou tuteur) pour pouvoir travailler. Cependant, si le mineur est émancipé, il n'a pas besoin de cette autorisation. En l'absence d'émancipation, l'accord des parents est donc obligatoire pour l’embauche d’un mineur de 16 à 18 ans.

De plus, l’inspecteur du travail peut demander un examen médical pour vérifier si le travail proposé est adapté aux capacités physiques du mineur. Cela est particulièrement pertinent pour les jeunes travailleurs de 15 ans et plus, afin de s'assurer que le travail ne dépasse pas leurs forces physiques.

Travaux interdits pour les mineurs :
Certains types de travail sont strictement interdits aux mineurs, qu'ils soient âgés de 16 à 18 ans ou plus jeunes. Par exemple, les mineurs ne peuvent pas être affectés à des travaux exposant à des dangers tels que ceux impliquant des produits chimiques, des radiations, ou des activités violentes (comme des spectacles à caractère pornographique ou violent).

2. Quels documents faut-il pour embaucher un mineur (tableau récapitulatif) ?

Lors de l'embauche d'un mineur, certains documents doivent être fournis en fonction de l'âge et de la situation du jeune travailleur. Voici un récapitulatif détaillé :

  • Autorisation parentale écrite : Ce document est obligatoire pour tous les mineurs de moins de 18 ans. Il s'agit d'un accord signé par le représentant légal du mineur, qu’il soit parent ou tuteur. Cette autorisation doit être conservée dans le dossier salarié de l’employeur.
  • Demande d'autorisation à l'inspection du travail : Ce document est nécessaire uniquement pour les mineurs de moins de 16 ans, et uniquement si le mineur travaille pendant les vacances scolaires. La demande d’autorisation doit être envoyée à l’inspection du travail 15 jours avant l’embauche. Elle est soumise à l’approbation de l’inspection du travail, qui vérifiera que les conditions de travail respectent les règles de sécurité et de moralité.
  • Contrat de travail écrit : Le contrat est obligatoire pour tous les mineurs, qu’il s’agisse d’un contrat à durée déterminée (CDD) ou indéterminée (CDI). Le contrat doit détailler les missions confiées, la durée du travail, les horaires, et la rémunération. Il doit être signé par les deux parties et être conforme aux règles du Code du travail.
  • Déclaration préalable à l'embauche (DPAE) : Cette déclaration doit être effectuée auprès de l’Urssaf avant l’embauche, comme pour tout salarié, et est obligatoire pour tous les mineurs. Elle permet de formaliser l'embauche et de déclarer l’employé aux autorités fiscales et sociales.
  • Visite médicale d'embauche : Elle est obligatoire pour tous les mineurs. Si le travail présenté comporte des risques pour la santé du mineur, ou si l'entreprise est soumise à un suivi médical renforcé, une visite médicale d’embauche sera nécessaire pour s'assurer de la capacité du mineur à effectuer le travail demandé en toute sécurité.

En suivant ces démarches, l'employeur garantit que l'embauche du mineur respecte les dispositions légales et qu'il protège à la fois le mineur et lui-même contre d'éventuels manquements juridiques.

3. Quelle est la réglementation du travail pour les jeunes de 15 à 18 ans ?

La réglementation encadrant le travail des mineurs est stricte, notamment en ce qui concerne la durée de travail et les types de travaux autorisés :

  • Mineurs de plus de 16 ans :
    Les mineurs de plus de 16 ans peuvent travailler jusqu’à 8 heures par jour et 35 heures par semaine. En cas de nécessité, des dérogations peuvent être accordées pour certains secteurs comme la construction ou les travaux publics, permettant ainsi de travailler jusqu’à 10 heures par jour et 40 heures par semaine. Toutefois, même dans ces secteurs, des pauses supplémentaires doivent être respectées, et le travail ne doit pas dépasser ces seuils.
  • Mineurs de moins de 16 ans :
    Les mineurs de moins de 16 ans ne peuvent travailler que pendant les vacances scolaires, et leur durée de travail est également limitée à 7 heures par jour et 35 heures par semaine.

Heures supplémentaires et travail nocturne :
Les mineurs de plus de 16 ans peuvent être amenés à effectuer des heures supplémentaires dans une limite de 5 heures supplémentaires par semaine. En revanche, les mineurs de moins de 16 ans ne peuvent pas effectuer d’heures supplémentaires.

Le travail de nuit est interdit pour tous les mineurs. Toutefois, des exceptions peuvent être faites pour certains secteurs comme le commerce ou le spectacle, à condition que des dérogations aient été accordées par l’inspecteur du travail. Pour les mineurs de moins de 16 ans, le travail de nuit est interdit entre 20 heures et 6 heures.

4. Dispositions relatives à l'embauche des enfants de salariés pour un job saisonnier

L'embauche des enfants de salariés pour un job saisonnier est une pratique courante, notamment dans les entreprises ayant besoin de renfort pendant les périodes de vacances. Toutefois, cette situation doit être traitée avec attention afin de respecter les principes d'égalité des chances dans l’accès à l’emploi.

Bien qu'il ne soit pas interdit d’embaucher les enfants des salariés, les employeurs doivent veiller à ne pas privilégier ces derniers par rapport aux autres candidats. L’embauche prioritaire des enfants des salariés constitue une discrimination et est contraire aux principes d'égalité. En effet, le Critère familial ne doit pas être pris en compte lors du recrutement d’un salarié, et l’accès à l’emploi ne peut pas être réservé à des candidats privilégiés en raison de leur situation familiale. Le Défenseur des droits a d’ailleurs souligné, à plusieurs reprises, que cette pratique viole les règles de non-discrimination en matière d’embauche et constitue une rupture du principe d’égalité des chances dans l'accès à l’emploi.

5. Quelles sanctions en cas de discrimination à l'embauche en raison de la situation de famille ?

L’embauche prioritaire des enfants des salariés expose l’employeur à des sanctions pénales sévères. En cas de discrimination à l'embauche, l'employeur peut encourir une peine de 3 ans d’emprisonnement et une amende pouvant aller jusqu’à 45 000 € pour une personne physique, ou 225 000 € pour une personne morale. Ces sanctions sont prévues par l'article 225-2 du Code pénal et visent à protéger l’égalité de traitement dans le cadre des recrutements.

Les employeurs doivent donc veiller à ce que l’embauche des mineurs, qu’il s’agisse des enfants de salariés ou d’autres jeunes travailleurs, se fasse sur la base de critères objectifs et sans qu'aucun facteur discriminatoire n’entre en jeu. En cas de doute, il est recommandé de consulter un juriste spécialisé pour éviter tout risque juridique.

6. Quel salaire verser à un mineur pour un job d'été ?

Les rémunérations des mineurs sont régies par des règles spécifiques, adaptées à leur âge et à leur expérience professionnelle. En effet, les mineurs bénéficient d’une rémunération inférieure à celle des adultes, afin de prendre en compte leur manque d'expérience et leur statut de travailleur plus vulnérable.

  • Pour les mineurs de plus de 16 ans : Leur rémunération est fixée à 90 % du SMIC. Cela signifie qu’ils peuvent percevoir un salaire inférieur à celui des adultes, mais celui-ci reste soumis au plancher du SMIC.
  • Pour les mineurs de moins de 16 ans : Ils bénéficient d’une réduction plus importante, avec un abattement de 20 %, ce qui signifie qu'ils toucheront 80 % du SMIC. Cette règle s’applique notamment aux jeunes travailleurs pendant leurs vacances scolaires, dans le cadre de jobs saisonniers.

Toutefois, cet abattement peut être revu à la hausse pour les jeunes travailleurs justifiant d’une expérience professionnelle significative dans leur domaine d’activité. Par exemple, si le mineur a déjà travaillé dans un secteur similaire, il peut être rémunéré à un taux plus élevé, en fonction de la convention collective applicable.

7. Les mineurs peuvent-ils travailler les jours fériés ?

Le travail des mineurs est généralement interdit les jours fériés, mais des exceptions existent, notamment dans certains secteurs d’activité. Par exemple, des secteurs comme l’hôtellerie, la restauration ou les traiteurs peuvent demander des dérogations pour permettre aux mineurs de travailler pendant les jours fériés. Toutefois, cela ne peut se faire que dans des secteurs spécifiques et avec des accords collectifs ou conventions collectives.

Si une entreprise souhaite employer un mineur les jours fériés, elle doit s’assurer que l’accord collectif de la branche ou de l’entreprise prévoit cette possibilité. Sans un tel accord, le travail des mineurs lors des jours fériés est formellement interdit.

8. Un mineur peut-il travailler de nuit ?

Le travail de nuit est, en principe, interdit pour les mineurs. Cette interdiction vise à protéger leur santé et à préserver leur repos. Toutefois, des exceptions sont prévues, sous certaines conditions.

  • Pour les mineurs de plus de 16 ans : Le travail de nuit est autorisé dans des secteurs spécifiques, comme le commerce, le spectacle, ou certains secteurs de l’hôtellerie, à condition qu'une dérogation soit accordée par l’inspecteur du travail. Le travail de nuit pour ces jeunes travailleurs ne peut avoir lieu qu’entre 22 heures et 6 heures, et des mesures de protection spécifiques doivent être mises en place.
  • Pour les mineurs de moins de 16 ans : En revanche, aucune dérogation n’est possible. Le travail de nuit est formellement interdit pour les mineurs de moins de 16 ans, sauf dans des cas exceptionnels limitativement énumérés par la loi. Aucune dérogation ne peut être accordée entre minuit et 4 heures, sauf dans des situations d’extrême urgence dans des secteurs particuliers.

9. Les jeunes travailleurs peuvent-ils effectuer des heures supplémentaires ?

Les heures supplémentaires sont autorisées pour les mineurs de plus de 16 ans, mais elles sont soumises à des limites strictes. Un mineur peut effectuer un maximum de 5 heures supplémentaires par semaine, sous certaines conditions. Ces heures supplémentaires doivent être encadrées par l'employeur, et la durée totale de travail, y compris les heures supplémentaires, ne doit pas dépasser les 10 heures par jour et les 40 heures par semaine.

Pour les mineurs de moins de 16 ans, les heures supplémentaires sont interdites. Leurs horaires de travail sont strictement limités, et il est important que l'employeur respecte ces règles pour éviter toute sanction.

Conclusion

Embaucher un mineur est un acte encadré par des règles précises destinées à protéger les jeunes travailleurs. Que ce soit pour un contrat saisonnier, un emploi pendant les vacances scolaires, ou une mission spécifique, il est impératif de respecter les formalités administratives et de veiller à ce que les conditions de travail soient adaptées à l’âge et aux capacités du jeune salarié.

Le respect des limites de durée de travail, des interdictions concernant les heures supplémentaires et le travail de nuit, ainsi que des conditions d’hygiène et de sécurité, est essentiel pour éviter des sanctions légales et garantir une expérience professionnelle saine pour le mineur.

En cas de doute sur les démarches ou les réglementations spécifiques, il est recommandé de consulter un professionnel du droit afin de s’assurer de la conformité de votre procédure d’embauche avec la législation en vigueur.

FAQ

  1. Quel est l'âge minimum pour embaucher un mineur en contrat saisonnier ?
    En France, la législation permet d’embaucher un mineur à partir de 16 ans, sous réserve d'obtenir l'autorisation de son représentant légal (parent ou tuteur). Si le mineur est émancipé, il n’a pas besoin de cette autorisation. Cependant, pour les mineurs de moins de 16 ans, l’embauche est autorisée uniquement pendant les vacances scolaires, et l’employeur doit demander une autorisation préalable auprès de l'inspection du travail au moins 15 jours avant l’embauche. Cette autorisation est soumise à des conditions spécifiques, notamment la durée de l'emploi, qui ne doit pas dépasser la moitié de la période de vacances scolaires.
  2. Quels documents sont nécessaires pour embaucher un mineur ?
    Pour embaucher un mineur, plusieurs documents sont requis, selon l’âge du jeune travailleur :
    • Autorisation parentale écrite : Ce document est obligatoire pour tous les mineurs. L'accord écrit signé par les représentants légaux doit être conservé dans le dossier du salarié.
    • Demande d'autorisation à l'inspection du travail : Cette demande est nécessaire uniquement pour les mineurs de moins de 16 ans et concerne exclusivement les vacances scolaires. Elle doit être envoyée 15 jours avant l’embauche.
    • Contrat de travail écrit : Ce contrat doit être signé par les deux parties et doit détailler les missions, durée, horaires, et rémunération.
    • Déclaration préalable à l'embauche (DPAE) : Tout comme pour un adulte, l’employeur doit effectuer une DPAE auprès de l'Urssaf avant l’embauche du mineur.
    • Visite médicale d'embauche : Obligatoire si le travail présente des risques pour le mineur, ou si l'entreprise fait l'objet d'un suivi médical renforcé.
  3. Quelle est la durée maximale du travail pour un mineur ?
    La durée maximale de travail pour un mineur de plus de 16 ans est fixée à 8 heures par jour et 35 heures par semaine. Toutefois, dans certains secteurs spécifiques comme les chantiers de construction, des dérogations peuvent être accordées par l'inspecteur du travail, permettant de travailler jusqu'à 10 heures par jour et 40 heures par semaine. Pour les mineurs de moins de 16 ans, la durée maximale de travail est limitée à 7 heures par jour et 35 heures par semaine. Il est également exigé qu'ils bénéficient d'un repos quotidien plus long que celui des travailleurs adultes.
  4. Un mineur peut-il travailler les jours fériés ?
    En principe, le travail des mineurs les jours fériés est interdit. Toutefois, des dérogations peuvent être accordées pour certains secteurs où les activités nécessitent une présence constante, comme l'hôtellerie, la restauration, ou certains secteurs commerciaux. Dans ces cas, des conventions collectives ou des accords d’entreprise peuvent permettre le travail pendant ces jours, à condition de respecter certaines règles de sécurité et d'horaires spécifiques. Il est donc essentiel pour l’employeur de vérifier si son secteur d’activité permet une telle dérogation.
  5. Quelles sont les restrictions pour le travail de nuit des mineurs ?
    Le travail de nuit est interdit pour les mineurs de moins de 16 ans. Pour les mineurs âgés de 16 à 18 ans, des exceptions peuvent être faites, notamment dans les secteurs du commerce ou du spectacle, mais des dérogations doivent être obtenues auprès de l’inspecteur du travail. Ces dérogations permettent un travail entre 22 heures et 6 heures pour les jeunes de plus de 16 ans. Cependant, les règles sont strictes et ne s’appliquent qu’à certains secteurs. En outre, les employeurs doivent garantir que les conditions de travail sont sécurisées et respectent les limites de temps de travail quotidiennes et hebdomadaires. En tout état de cause, le travail de nuit est totalement interdit pour les mineurs de moins de 16 ans, sauf dans des secteurs très spécifiques et limitativement définis par la loi.

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