Lorsque la santé vacille, le parcours professionnel s’en trouve souvent bouleversé. Un arrêt maladie prolongé peut impacter le moral, l’organisation du travail… mais aussi la rémunération. Et lorsque le licenciement survient après plusieurs mois d’absence, une inquiétude revient systématiquement : l'indemnité de licenciement sera-t-elle diminuée à cause de l’arrêt maladie ?
La bonne nouvelle, c’est que le droit français protège le salarié : votre salaire réellement perçu pendant la maladie ne peut pas réduire le montant de votre indemnité. Le calcul repose sur une méthode précise, encadrée par le Code du travail et la jurisprudence, garantissant une indemnisation équitable.
Ce guide complet vous explique :
✔ comment calculer l’indemnité de licenciement après un arrêt maladie,
✔ quel salaire de référence utiliser,
✔ quelles absences comptent pour l’ancienneté,
✔ quel montant s'applique en cas d'inaptitude,
✔ et comment éviter les erreurs les plus fréquentes.
Tout salarié en CDI licencié après au moins 8 mois d’ancienneté ininterrompue a droit à une indemnité légale de licenciement — sauf faute grave ou lourde.
Cette indemnité vise à compenser la rupture du contrat et repose sur un calcul strictement encadré.
Le point clé : l’arrêt maladie ne doit pas vous pénaliser.
La formule est la suivante :
Le calcul doit toujours être effectué sur la base du salaire le plus avantageux pour vous.
Salaire moyen = 2 500 €
Ancienneté = 8 ans
➡ 2 500 × 1/4 × 8 = 5 000 €
Salaire moyen = 2 500 €
Ancienneté = 14 ans
➡ (2 500 × 1/4 × 10) + (2 500 × 1/3 × 4) = 9 583 €
Pendant un arrêt maladie, la rémunération baisse souvent (IJSS + absence de complément employeur).
Pour vous protéger, la loi impose que l’on retienne le salaire d’avant l’arrêt, selon la période la plus avantageuse :
✔ la moyenne des 3 mois précédant l’arrêt,
ou
✔ la moyenne des 12 mois précédant l’arrêt.
📌 Jamais le salaire perçu pendant la maladie.
Cette règle évite que votre indemnité soit diminuée en raison de la baisse de revenus pendant la maladie.
Cela dépend de l’origine :
→ Ne compte pas pour l’ancienneté (sauf dispositions plus favorables de la convention collective).
→ Compte obligatoirement dans l’ancienneté (Code du travail).
Certaines conventions collectives prévoient des règles plus avantageuses : prise en compte totale ou partielle des arrêts maladie ordinaires.
Après un arrêt d’au moins 60 jours, une visite de reprise est obligatoire.
Si le médecin du travail vous déclare inapte, l’employeur doit chercher un reclassement.
S’il n’en trouve pas, il peut procéder au licenciement.
→ Indemnité légale classique.
→ Indemnité spéciale = double de l’indemnité légale.
📌 Exemple :
Si votre indemnité légale est de 7 000 €, l’indemnité spéciale sera de 14 000 €.
La question de l’indemnité de licenciement après un arrêt maladie soulève de nombreuses inquiétudes légitimes pour les salariés qui ont vu leur rémunération diminuer durant leur absence. Pourtant, le droit du travail offre une protection solide : aucun salarié ne doit être pénalisé financièrement parce qu’il a été malade.
Le salaire de référence doit refléter la rémunération réelle avant l’arrêt, les absences non professionnelles peuvent être neutralisées selon les conventions collectives, et les arrêts pour maladie professionnelle ou accident du travail sont totalement intégrés dans l’ancienneté.
Au-delà des aspects techniques, cette réglementation traduit un principe essentiel : la maladie ne doit jamais fragiliser les droits du salarié lors de la rupture du contrat.
Elle garantit également un traitement différencié en cas d’inaptitude d’origine professionnelle, reconnaissant l’impact du travail sur la santé et renforçant la protection des salariés concernés, notamment par l’indemnité spéciale doublée.
Pour autant, les règles demeurent complexes, et les erreurs de calcul restent fréquentes. C’est pourquoi chaque salarié doit avoir le réflexe d’examiner sa convention collective, de vérifier la méthode de calcul utilisée, et de demander une rectification en cas de doute. En cas de désaccord persistant, les juridictions prud’homales constituent un recours efficace pour obtenir réparation et faire respecter ses droits.
En définitive, bien comprendre le mécanisme de calcul de l’indemnité — et les protections attachées à l’arrêt maladie — est un moyen essentiel de défendre ses intérêts au moment d’une rupture de contrat, et d’aborder cette période avec davantage de sérénité et de visibilité.
Absolument pas. Le droit du travail interdit que l’arrêt maladie — même très long — entraîne une baisse de votre indemnité de licenciement.
Pourquoi ? Parce que le calcul doit obligatoirement se baser sur le salaire antérieur à la maladie, c’est-à-dire votre salaire “normal” avant que les IJSS ou l’absence de complément employeur ne réduisent vos revenus.
Voici comment cela vous protège :
📌 Exemple concret
Si vous gagniez 2 500 € avant votre arrêt mais seulement 1 100 € d’IJSS ensuite, votre indemnité sera calculée sur 2 500 € et non sur 1 100 €.
➡ L’arrêt maladie ne doit jamais vous faire perdre d’argent sur votre indemnité.
Oui et non : tout dépend de l’origine de la maladie et de votre convention collective.
Par défaut, elles ne comptent pas dans l’ancienneté.
Donc si vous avez été en arrêt 8 mois, ces 8 mois seront déduits de votre durée d’ancienneté… sauf si votre convention collective prévoit mieux.
Dans ce cas, la loi impose l’inclusion des périodes d’arrêt :
➡ Ces absences sont 100 % intégrées dans l’ancienneté, même si l’arrêt a duré plusieurs années.
Beaucoup de conventions améliorent les droits des salariés. Exemples fréquents :
📌 À retenir
➡ Votre CCN peut augmenter votre ancienneté… et donc votre indemnité.
Le salaire de référence doit refléter le niveau de rémunération habituel du salarié, ce qui inclut bien plus que le simple salaire mensuel de base.
📌 Pourquoi c’est important ?
Si une prime mensuelle de 300 € a été suspendue pendant votre arrêt maladie, elle doit malgré tout être réintégrée dans votre salaire de référence.
➡ Le salaire retenu doit correspondre à votre rémunération réelle avant l’arrêt.
L’inaptitude peut profondément modifier le montant de votre indemnité, surtout si elle est professionnelle.
Dans ce cas, les droits sont nettement supérieurs :
📌 Pourquoi ce régime est-il plus avantageux ?
Parce que l’origine professionnelle engage la responsabilité de l’employeur sur la prévention et la sécurité.
➡ Un salarié déclaré inapte pour raison professionnelle touche donc l’indemnité la plus élevée de toutes les formes de rupture.
Oui, et c’est même fréquent car de nombreux employeurs commettent des erreurs. Voici comment agir.
Vous pouvez exiger un document expliquant précisément :
Les erreurs les plus courantes sont :
Si l’erreur est avérée, envoyez une demande de régularisation.
Le délai est de 12 mois pour contester un licenciement.
En cas d’erreur, le juge peut vous accorder :
➡ Contester est tout à fait possible, surtout si le salaire retenu n’est pas conforme à la loi ou à votre convention.