Travail

PPV 2025 : mise en place, bénéficiaires et montants expliqués

Francois Hagege
Fondateur
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Comment fonctionne la PPV en 2025 ? Droits, montants et versement

La rémunération des salariés demeure au cœur des préoccupations économiques et sociales, dans un contexte où les entreprises sont régulièrement sollicitées pour renforcer leur politique de partage de la richesse créée. Depuis plusieurs années, l’État a multiplié les dispositifs permettant aux employeurs de soutenir le niveau de vie des travailleurs tout en ménageant la compétitivité des entreprises par des mécanismes exonérés de charges. Parmi ces dispositifs, la prime de partage de la valeur (PPV), issue de la loi n°2022-1158 du 16 août 2022, s’est imposée comme un outil juridique majeur.

Remplaçant progressivement la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat, dite « prime Macron », la PPV a été profondément remaniée par l’accord national interprofessionnel (ANI) du 10 février 2023, puis consacrée par la loi n°2023-1107 du 29 novembre 2023. Ce nouveau cadre législatif a transformé une prime exceptionnelle et ponctuelle en un véritable instrument de partage de la valeur, destiné à structurer durablement les relations sociales au sein de l’entreprise.

La PPV n’est plus un simple levier d’urgence destiné à amortir l’impact de l’inflation : elle devient un mécanisme articulé autour d’objectifs plus larges, tels que l’implication des salariés dans la performance, la redistribution de la valeur ajoutée, la fidélisation des talents et le renforcement du dialogue social. Les décrets n°2024-644 du 29 juin 2024 et n°2024-690 du 5 juillet 2024 viennent en préciser les contours, signant ainsi une nouvelle étape dans la consolidation de ce dispositif.

Face à un corpus juridique désormais étoffé, les employeurs doivent maîtriser précisément les modalités d’instauration, de versement, d’exonération, d’affectation à l’épargne salariale, ainsi que les obligations nouvelles qui s’imposent à certaines catégories d’entreprises à compter de 2025. Les salariés, de leur côté, doivent comprendre leurs droits, les règles de modulation, les conditions d’éligibilité, ainsi que les opportunités nouvelles offertes par les dispositifs d’épargne intégrés.

Cet article complet, proposé par defendstesdroits.fr, a pour objectif de fournir un éclairage juridique exhaustif, rigoureux et actualisé, permettant à chaque employeur et à chaque salarié d’appréhender, avec fiabilité, les enjeux et les avantages de la PPV 2025.

Sommaire

  1. Introduction
  2. Définition de la PPV et évolution légale
  3. Caractère obligatoire ou facultatif de la PPV
  4. Bénéficiaires de la PPV en 2025
  5. Modalités de mise en place de la PPV
  6. Montant de la PPV et possibilités de modulation
  7. Nombre de PPV pouvant être versées en 2025
  8. Régime social et fiscal de la PPV
  9. Nouveautés légales applicables en 2025
  10. Conclusion

Qu’est-ce que la prime de partage de la valeur (PPV) ?

De la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat (PEPA) à la PPV

Créée par la loi n°2022-1158 du 16 août 2022, la PPV succède à la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat (PEPA). Cette dernière, conçue initialement pour renforcer le pouvoir d’achat dans un contexte d’inflation, a progressivement laissé place à un dispositif plus structuré, adossé à une logique de partage de la valeur ajoutée au sein de l’entreprise.

Son fondement juridique repose désormais sur :

  • l’accord national interprofessionnel (ANI) du 10 février 2023 ;
  • la loi n°2023-1107 du 29 novembre 2023, qui en reprend fidèlement les engagements ;
  • les décrets n°2024-644 du 29 juin 2024 et n°2024-690 du 5 juillet 2024, venant préciser et compléter le dispositif.

Depuis le 1er juillet 2022, la PPV constitue donc la référence légale unique en matière de prime liée au partage de la valeur.

La PPV est-elle obligatoire pour les employeurs ?

La PPV demeure un mécanisme facultatif. Aucune disposition légale n’impose son versement. Toutefois, lorsque l’employeur décide d’y recourir, il doit respecter scrupuleusement les règles posées par :

  • l’accord collectif qui institue la prime ;
  • ou, à défaut, la décision unilatérale de l’employeur (DUE).

Il convient de préciser que la loi du 29 novembre 2023 institue désormais des obligations complémentaires pour certaines entreprises, destinées à encourager les dispositifs de partage de la valeur, notamment dans celles employant 11 à 49 salariés et réalisant un bénéfice net fiscal suffisant.

Qui peut bénéficier de la PPV en 2025 ?

Les catégories de bénéficiaires

Conformément au Code du travail, peuvent percevoir la PPV :

  • les salariés en CDI, CDD, à temps plein ou temps partiel ;
  • les titulaires d’un contrat d’apprentissage ou d’un contrat de professionnalisation ;
  • les salariés intérimaires mis à disposition de l’entreprise utilisatrice ;
  • les travailleurs handicapés employés en ESAT dans le cadre d’un contrat de soutien et d’aide par le travail ;
  • les agents publics employés par des établissements publics administratifs ou industriels et commerciaux.

L’employeur peut-il limiter le champ des bénéficiaires ?

Oui. L’employeur peut attribuer la prime :

  • à l’ensemble du personnel, ou
  • à certains salariés seulement, selon un critère objectif (par exemple, un plafond de rémunération).

Toute exclusion fondée sur un critère prohibé constituerait une discrimination au sens des articles L1132-1 et suivants du Code du travail.

Comment mettre en place la PPV en 2025 ?

Par accord collectif

L’option privilégiée par le législateur reste l’accord d’entreprise ou de groupe, conclu selon les modalités prévues pour l’intéressement (articles L3312-5 et s. du Code du travail).
Cet accord doit définir :

  • le montant de la prime ;
  • les critères éventuels de modulation ;
  • les seuils de rémunération éligibles ;
  • les modalités de versement.

Il doit ensuite être déposé sur la plateforme TéléAccords auprès de la DDETS.

Par décision unilatérale de l’employeur (DUE)

En l’absence d’accord, l’employeur peut instaurer la PPV par une DUE.
Il doit alors :

  • consulter préalablement le CSE, lorsqu’il existe ;
  • informer l’ensemble des salariés des modalités de versement.

Cette formalité est impérative, notamment au regard des articles L2312-8 et suivants du Code du travail.

Quel est le montant maximum de la PPV en 2025 ?

La loi ne fixe aucun montant maximal légal. Néanmoins, les avantages fiscaux et sociaux ne sont applicables que dans certaines limites.

Le plafond d’exonération

L’exonération maximale est fixée à :

  • 3 000 euros par salarié et par an ;
  • 6 000 euros si l’entreprise met en œuvre un dispositif d’intéressement ou de participation.

Il est possible de verser deux PPV par an, dans la limite d’un versement par trimestre.

L’employeur peut-il moduler la prime selon les salariés ?

L’article L3311-1 du Code du travail permet une modulation fondée sur des critères objectifs tels que :

  • la rémunération ;
  • le niveau de classification ;
  • la durée du temps de travail ;
  • le temps de présence effectif.

Toutefois, ces critères doivent respecter le principe de non-discrimination. Aucune modulation ne peut porter atteinte au principe d’égalité de traitement garanti par la jurisprudence constante de la Cour de cassation.

Régime social et fiscal de la PPV : exonérations applicables

Conditions d’exonération

Selon l’instruction relative à la loi du 16 août 2022, l’exonération totale de cotisations (y compris CSG et CRDS) est admise lorsque :

  • la prime est versée entre le 1er janvier 2024 et le 31 décembre 2026 ;
  • le salarié perçoit une rémunération inférieure à 3 SMIC ;
  • l’entreprise compte moins de 50 salariés.

Régime applicable dans les autres cas

Lorsque l’une de ces conditions manque :

  • exonération de cotisations patronales ;
  • assujettissement à la CSG, CRDS et au forfait social (selon l’effectif) ;
  • imposition à l’impôt sur le revenu.

Les nouveautés introduites par la loi du 29 novembre 2023

Affectation de la PPV à un plan d’épargne

Les salariés disposent d’un délai de 15 jours pour demander l’affectation de la PPV :

  • sur un plan d’épargne entreprise (PEE) ;
  • sur un plan d’épargne interentreprises (PEI) ;
  • ou sur un plan d’épargne retraite (PER).
    (Base légale : article D3348-1 du Code du travail)

Le décret du 5 juillet 2024 a ajouté trois nouveaux cas de déblocage anticipé.

Obligation de partager la valeur dans les entreprises de 11 à 49 salariés

À compter du 1er janvier 2025, et pendant cinq ans, les entreprises de 11 à 49 salariés, sous conditions (bénéfice ≥ 1 % du chiffre d’affaires pendant 3 exercices), doivent mettre en œuvre un dispositif :

  • PPV ;
  • intéressement ;
  • participation ;
  • ou abondement à un plan d’épargne salariale.

Participation dérogatoire dans les entreprises de moins de 50 salariés

Les entreprises non obligatoirement soumises à la participation peuvent désormais mettre en place une participation moins favorable que la formule légale, dans le cadre d’une expérimentation de cinq ans (jusqu’au 29 novembre 2028).

Négociation obligatoire sur les bénéfices exceptionnels

Dans les entreprises d’au moins 50 salariés dotées d’un délégué syndical, une négociation doit s’ouvrir lorsqu’un bénéfice exceptionnel est constaté.
Elle peut mener à un supplément d’intéressement ou de participation.

Création du PPVE (plan de partage de la valorisation de l’entreprise)

Ce dispositif permet de verser une prime indexée sur l’évolution de la valeur de l’entreprise sur trois ans.
Il s’agit d’un outil de fidélisation reposant sur un mécanisme parfaitement encadré :

  • ancienneté minimale de 12 mois ;
  • calcul fondé sur un montant de référence et un taux de variation positif.

Conclusion

La prime de partage de la valeur (PPV) occupe désormais une place centrale dans les politiques de rémunération et de redistribution au sein des entreprises. En remplaçant définitivement la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat, le législateur a choisi de pérenniser un mécanisme permettant, sous conditions, de verser une prime fiscalement et socialement avantageuse, tout en renforçant la logique de partage de la richesse produite.

L’ensemble des textes adoptés — ANI du 10 février 2023, loi n°2023-1107 du 29 novembre 2023, décrets de 2024 — illustre la volonté d’encadrer un dispositif devenu structurant. La PPV ne se limite plus à soutenir le pouvoir d’achat : elle s’inscrit désormais dans un effort global visant à associer davantage les salariés aux performances économiques de leur entreprise, qu’il s’agisse de dispositifs obligatoires pour certaines structures ou de mécanismes facultatifs renforçant l’attractivité et la fidélisation.

Les obligations nouvelles imposées aux entreprises de 11 à 49 salariés à partir de 2025, l’élargissement des possibilités d’affectation à l’épargne salariale ou retraite, la création du plan de partage de la valorisation de l’entreprise (PPVE) ou encore les négociations autour des bénéfices exceptionnels témoignent d’un pilotage juridique de plus en plus exigeant. D’un point de vue pratique, les employeurs doivent intégrer ces évolutions dans leur stratégie sociale, tandis que les salariés doivent connaître précisément leurs droits afin de bénéficier pleinement des mesures instaurées.

La PPV devient ainsi un véritable levier d’équilibre entre compétitivité et justice sociale, dont la maîtrise constitue un enjeu essentiel pour le dialogue interne, le climat social et la stratégie RH des entreprises.

Si vous souhaitez que je rédige une autre section du même article, une version PDF, ou une déclinaison pour un autre public (employeurs, salariés, RH, CSE), je peux poursuivre la rédaction.

FAQ

1. La PPV 2025 est-elle obligatoire pour toutes les entreprises ?

La prime de partage de la valeur reste en principe un dispositif facultatif, aucun texte n’imposant à l’employeur de la verser automatiquement. Toutefois, depuis l’entrée en vigueur de la loi n°2023-1107 du 29 novembre 2023, une évolution majeure impacte les entreprises de 11 à 49 salariés.

Ces entreprises, lorsqu’elles respectent trois conditions cumulatives – être constituées sous forme de société, ne pas être soumises à l’obligation de participation et avoir dégagé un bénéfice net fiscal d’au moins 1 % du chiffre d’affaires pendant trois exercices consécutifs – doivent mettre en place un dispositif de partage de la valeur.
Ce dispositif peut prendre l’une des formes suivantes :

  • PPV ;
  • intéressement ;
  • participation volontaire ;
  • abondement à un plan d’épargne salariale.

En conséquence, la PPV n’est pas obligatoire en soi, mais elle peut devenir un des moyens privilégiés de respecter cette obligation nouvelle. Les entreprises conservent toutefois la liberté de choisir le mécanisme le plus adapté à leur structure et à leur trésorerie.

2. Quels salariés ont droit à la PPV en 2025 ?

La PPV s’inscrit dans un cadre légal très inclusif, destiné à garantir une égalité d’accès large. Peuvent en bénéficier :

  • les salariés en CDI et en CDD, sans condition d’ancienneté minimale sauf disposition prévue par l’accord ou la décision unilatérale ;
  • les salariés à temps plein et temps partiel, la prime pouvant être proratisée ;
  • les apprentis et les titulaires d’un contrat de professionnalisation ;
  • les intérimaires, dont la prime est versée par l’entreprise de travail temporaire mais financée par l’entreprise utilisatrice ;
  • les travailleurs handicapés relevant des ESAT, dans le cadre de leur contrat de soutien et d’aide par le travail ;
  • certains agents publics employés par des établissements publics administratifs ou industriels et commerciaux.

L’employeur peut restreindre le bénéfice de la PPV en se fondant sur des critères objectifs, comme un seuil de rémunération, un niveau de classification ou une durée de présence. Cependant, ces critères ne doivent jamais conduire à une discrimination directe ou indirecte, conformément aux articles L1132-1 et suivants du Code du travail.

3. La PPV est-elle exonérée d’impôts et de cotisations ?

La PPV offre un régime social et fiscal avantageux, mais soumis à trois conditions impératives :

  1. Le versement doit intervenir entre le 1er janvier 2024 et le 31 décembre 2026.
  2. Le salarié doit percevoir une rémunération inférieure à 3 SMIC, ajustée en cas de temps partiel ou d’absence.
  3. L’entreprise doit compter moins de 50 salariés.

Dans ce cadre précis, la PPV bénéficie :

  • d’une exonération totale de cotisations sociales (sécurité sociale, retraite, chômage, contributions conventionnelles) ;
  • d’une exonération de CSG et CRDS ;
  • d’une exonération d’impôt sur le revenu ;
  • d’une absence de forfait social, y compris pour les entreprises de plus de 250 salariés.

En dehors de ce périmètre, la prime reste exonérée de cotisations patronales classiques, mais redevient soumise à la CSG, à la CRDS, à l’impôt sur le revenu et, pour les grandes entreprises, au forfait social.
L’intérêt fiscal demeure néanmoins considérable, notamment dans la limite de 3 000 ou 6 000 euros selon la mise en place d’un accord d’intéressement ou de participation.

4. Peut-on verser plusieurs PPV la même année ?

Oui, la réglementation autorise expressément le versement de deux PPV par année civile, à condition de respecter deux règles essentielles :

  • ne pas dépasser un versement par trimestre, ce qui impose une répartition temporelle stricte ;
  • ne pas dépasser le plafond global d’exonération : 3 000 euros ou 6 000 euros si un dispositif d’intéressement ou de participation est en place.

Le versement peut être fractionné (mensuellement, en une seule fois ou en plusieurs tranches), à condition que la périodicité reste compatible avec la limite trimestrielle.
Cette souplesse permet aux entreprises de gérer la trésorerie et d’adapter les versements aux résultats économiques, notamment dans un contexte de saisonnalité ou de fluctuations d’activité.

5. La PPV peut-elle être affectée à un PEE, un PEI ou un PER ?

Oui, et cette possibilité est devenue l’une des évolutions majeures introduites par les réformes récentes.
Depuis l’application combinée de la loi du 29 novembre 2023, du décret du 29 juin 2024 et du décret du 5 juillet 2024, un salarié peut demander l’affectation totale ou partielle de sa PPV :

  • à un Plan d’Épargne Entreprise (PEE) ;
  • à un Plan d’Épargne Interentreprises (PEI) ;
  • à un Plan d’Épargne Retraite (PER).

Le salarié dispose d’un délai strict de quinze jours à compter de l'information relative au montant attribué.
Une fois affectée, la prime entre dans les règles classiques d’épargne salariale :

  • elle est bloquée pour une durée déterminée (cinq ans pour un PEE, jusqu’à la retraite pour un PER), sauf cas de déblocage anticipé ;
  • elle bénéficie d’un régime fiscal particulièrement favorable ;
  • elle peut, selon les plans, être abondée par l’employeur.

Le décret du 5 juillet 2024 a ajouté trois nouveaux cas de déblocage anticipé, renforçant encore l’intérêt de cette affectation, notamment pour les projets personnels à horizon court ou moyen terme.

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