Rencontrer un avocat pour la première fois représente une étape décisive pour tout justiciable. Que vous soyez confronté à un litige prud’homal, à un divorce, à une procédure pénale ou à une contestation administrative, la relation de confiance avec votre conseil repose sur la transparence, la communication et la compréhension mutuelle.
Le premier rendez-vous ne se limite pas à exposer vos difficultés : il doit permettre d’évaluer la pertinence de l’avocat, sa méthode de travail et la stratégie juridique qu’il compte mettre en place pour défendre vos intérêts.
Conformément à l’article 6.1 du Règlement Intérieur National (RIN), l’avocat doit exercer sa mission avec indépendance, loyauté et compétence. De son côté, le client a le droit d’obtenir une information claire sur le déroulement de la procédure, les coûts associés et les risques encourus. Il est donc essentiel de poser les bonnes questions pour choisir un professionnel adapté à votre situation.
Cet article de defendstesdroits.fr vous aide à identifier les questions clés à aborder dès la première rencontre, qu’il s’agisse de l’expérience de l’avocat, de ses honoraires, de la communication avec le cabinet ou du suivi de votre dossier.
Avant tout engagement, il est nécessaire de s’assurer que l’avocat dispose de compétences spécifiques dans votre domaine juridique. L’article 11 du RIN impose à l’avocat de ne traiter que les affaires pour lesquelles il possède la qualification requise.
Demandez-lui notamment :
Ces échanges permettent d’apprécier la rigueur de l’analyse juridique et la capacité de l’avocat à adapter sa stratégie à votre situation personnelle et financière.
Depuis la loi du 6 août 2015 dite loi Macron, la signature d’une convention d’honoraires écrite est obligatoire (article 10 de la loi du 31 décembre 1971). Ce document encadre la rémunération et évite les malentendus.
Les questions à poser :
Un avocat transparent vous présentera un devis détaillé, avec une estimation réaliste du coût total. Vous pouvez également évoquer la possibilité d’obtenir l’aide juridictionnelle, prévue par la loi n°91-647 du 10 juillet 1991.
La relation avocat-client repose sur un échange continu. L’article 11.3 du RIN prévoit que l’avocat doit informer régulièrement son client de l’avancement de l’affaire.
Les questions à aborder :
Une communication claire et organisée est souvent le gage d’une collaboration efficace et sereine.
Avant de confier votre dossier, il est recommandé de demander :
Enfin, notez toutes les informations obtenues lors du premier rendez-vous. Ces éléments vous permettront de comparer plusieurs avocats avant de faire votre choix définitif.
Poser les bonnes questions à son avocat ne relève pas de la curiosité mais d’un droit fondamental à l’information juridique. La Charte du client de l’avocat, adoptée par le Conseil national des barreaux, rappelle que le client doit être pleinement informé du déroulement, des coûts et des implications de son affaire.
Cette démarche vous permet de :
Un avocat n’est pas seulement un technicien du droit : il est aussi un partenaire de défense. Le dialogue et la transparence dès le premier rendez-vous déterminent souvent la réussite de la collaboration et la qualité de la représentation juridique.
Choisir un avocat et savoir lui poser les bonnes questions constitue une démarche juridique à part entière, relevant de l’exercice éclairé de vos droits. Le Code de déontologie de la profession, notamment à travers le Règlement Intérieur National (RIN), impose à l’avocat une obligation de compétence, de transparence et de loyauté envers son client. Toutefois, cette exigence est à double sens : le justiciable, pour être efficacement défendu, doit s’informer, questionner et comprendre les enjeux de la mission confiée.
Le premier entretien avec un avocat ne se limite donc pas à une simple prise de contact. C’est un véritable acte juridique préparatoire, qui permet d’évaluer l’adéquation entre la nature du dossier, la stratégie proposée et les moyens mis en œuvre. Chaque question posée contribue à clarifier le cadre de la représentation, à anticiper les difficultés éventuelles et à instaurer une relation de confiance durable. En effet, comme le rappelle la jurisprudence constante de la Cour de cassation, notamment dans un arrêt du 14 janvier 2016 (n°14-28.313), l’avocat est tenu d’une obligation d’information et de conseil tout au long de sa mission, sous peine d’engager sa responsabilité professionnelle.
Le justiciable doit également veiller à encadrer la collaboration par une convention d’honoraires écrite, conformément à l’article 10 de la loi du 31 décembre 1971. Ce document protège les deux parties : il garantit la transparence financière pour le client et la reconnaissance du travail accompli pour l’avocat. Interroger son conseil sur les honoraires, les frais annexes ou la possibilité d’un honoraire de résultat ne relève pas de la méfiance, mais d’une bonne gestion juridique et économique de son affaire.
Au-delà des aspects financiers, poser des questions sur la stratégie juridique, le calendrier procédural ou les modes de communication permet d’éviter les incompréhensions et de préserver une collaboration efficace et respectueuse. Le client informé devient acteur de sa défense, ce qui correspond à l’esprit du principe du contradictoire garanti par l’article 16 du Code de procédure civile.
Ainsi, interroger son avocat, c’est exercer un droit, mais aussi une forme de vigilance active. C’est affirmer sa volonté d’être entendu, accompagné et représenté avec équité.
En définitive, une défense réussie repose sur deux piliers indissociables : la compétence juridique de l’avocat et l’implication éclairée du justiciable. En posant les bonnes questions dès le départ, vous contribuez à construire une relation professionnelle solide, transparente et juridiquement sécurisée, au service d’un objectif commun : la recherche d’une justice efficace, humaine et équilibrée.
Le choix d’un avocat dépend de la nature de votre dossier et de la complexité juridique de votre situation. Il est conseillé de vérifier que le professionnel est inscrit au barreau compétent et possède une spécialisation reconnue (droit du travail, droit pénal, droit de la famille, etc.). Vous pouvez consulter le tableau de l’ordre des avocats ou le site du Conseil national des barreaux (CNB). Une première rencontre permettra d’évaluer sa capacité d’écoute, son expertise et la clarté de ses explications.
Lors du premier entretien, il est important d’aborder les points suivants :
Depuis la loi du 6 août 2015 (article 10 de la loi du 31 décembre 1971), toute relation avocat-client doit être encadrée par une convention d’honoraires écrite. Ce document précise le montant des honoraires, les modalités de paiement et les prestations couvertes. Certains avocats peuvent proposer un honoraire de résultat, proportionnel au gain obtenu, en complément d’un forfait fixe. Le client doit également demander si des frais annexes (huissier, déplacement, greffe) sont inclus ou non.
Oui, le justiciable peut changer d’avocat à tout moment, conformément à son droit fondamental de choisir librement son conseil (article 6 du Code de procédure civile et article 13 du Règlement Intérieur National). Il suffit d’en informer par écrit l’avocat en cours, de régler les honoraires dus pour les diligences déjà effectuées, puis de confier le dossier au nouvel avocat. Ce dernier se chargera du transfert des pièces et de la reprise du dossier devant la juridiction concernée.
Le client bénéficie de plusieurs droits garantis par la déontologie de la profession :