Pénal

Relation avocat-client : les questions à poser pour une collaboration réussie

Francois Hagege
Fondateur
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Les questions à poser à son avocat : bien préparer son premier rendez-vous

Rencontrer un avocat pour la première fois représente une étape décisive pour tout justiciable. Que vous soyez confronté à un litige prud’homal, à un divorce, à une procédure pénale ou à une contestation administrative, la relation de confiance avec votre conseil repose sur la transparence, la communication et la compréhension mutuelle.
Le premier rendez-vous ne se limite pas à exposer vos difficultés : il doit permettre d’évaluer la pertinence de l’avocat, sa méthode de travail et la stratégie juridique qu’il compte mettre en place pour défendre vos intérêts.

Conformément à l’article 6.1 du Règlement Intérieur National (RIN), l’avocat doit exercer sa mission avec indépendance, loyauté et compétence. De son côté, le client a le droit d’obtenir une information claire sur le déroulement de la procédure, les coûts associés et les risques encourus. Il est donc essentiel de poser les bonnes questions pour choisir un professionnel adapté à votre situation.

Cet article de defendstesdroits.fr vous aide à identifier les questions clés à aborder dès la première rencontre, qu’il s’agisse de l’expérience de l’avocat, de ses honoraires, de la communication avec le cabinet ou du suivi de votre dossier.

Sommaire

  1. Pourquoi il est essentiel de bien préparer son premier rendez-vous avec un avocat
  2. Les questions à poser sur l’expérience et la stratégie juridique de votre avocat
  3. Comprendre les honoraires et les frais annexes avant tout engagement
  4. Organisation et communication : comment suivre efficacement votre dossier
  5. Les précautions à prendre pour une relation de confiance durable avec son avocat

1. Les questions essentielles à poser sur l’expérience et la stratégie de l’avocat

Avant tout engagement, il est nécessaire de s’assurer que l’avocat dispose de compétences spécifiques dans votre domaine juridique. L’article 11 du RIN impose à l’avocat de ne traiter que les affaires pour lesquelles il possède la qualification requise.

Demandez-lui notamment :

  • « Avez-vous déjà traité un dossier similaire au mien ? »
    Un avocat habitué à votre type de litige saura anticiper les obstacles procéduraux et évaluer les chances de succès.
  • « Quelle stratégie recommandez-vous ? »
    L’avocat doit exposer clairement s’il privilégie une résolution amiable ou une procédure contentieuse.
  • « Quels sont les risques et les issues possibles ? »
    Un professionnel rigoureux vous présentera les différents scénarios et les délais prévisibles, en s’appuyant sur la jurisprudence récente et les pratiques du tribunal compétent.

Ces échanges permettent d’apprécier la rigueur de l’analyse juridique et la capacité de l’avocat à adapter sa stratégie à votre situation personnelle et financière.

2. Comprendre les honoraires et les modalités de facturation

Depuis la loi du 6 août 2015 dite loi Macron, la signature d’une convention d’honoraires écrite est obligatoire (article 10 de la loi du 31 décembre 1971). Ce document encadre la rémunération et évite les malentendus.

Les questions à poser :

  • « Quel sera le coût global de la procédure ? »
    Les honoraires dépendent de la complexité du dossier, du temps consacré et du type de prestation (forfait, taux horaire ou honoraire de résultat).
  • « Y a-t-il des frais annexes à prévoir ? »
    Demandez si les frais d’huissier, de greffe ou de déplacement sont inclus dans la convention.
  • « Proposez-vous une rémunération au résultat ? »
    L’article 10 alinéa 5 de la loi précitée autorise les honoraires de résultat, à condition qu’ils soient combinés à une part fixe.

Un avocat transparent vous présentera un devis détaillé, avec une estimation réaliste du coût total. Vous pouvez également évoquer la possibilité d’obtenir l’aide juridictionnelle, prévue par la loi n°91-647 du 10 juillet 1991.

3. La communication et le suivi du dossier

La relation avocat-client repose sur un échange continu. L’article 11.3 du RIN prévoit que l’avocat doit informer régulièrement son client de l’avancement de l’affaire.

Les questions à aborder :

  • « Comment serez-vous joignable ? »
    Demandez quels sont les canaux privilégiés (téléphone, courriel, rendez-vous, plateforme en ligne).
  • « À quelle fréquence puis-je recevoir des mises à jour ? »
    La régularité des échanges garantit une meilleure compréhension des démarches entreprises.
  • « Qui travaillera concrètement sur mon dossier ? »
    Dans les grands cabinets, certaines tâches peuvent être déléguées à des collaborateurs ou à des juristes assistants. Il est donc légitime de savoir qui traitera directement votre affaire.

Une communication claire et organisée est souvent le gage d’une collaboration efficace et sereine.

4. Les éléments pratiques à vérifier avant de s’engager

Avant de confier votre dossier, il est recommandé de demander :

  • « Combien de temps durera la procédure ? »
    Les délais varient selon la juridiction (prud’hommes, tribunal judiciaire, cour d’appel, etc.). L’avocat doit pouvoir vous donner une estimation réaliste.
  • « Quelles pièces dois-je préparer pour le dossier ? »
    Un avocat compétent vous orientera sur les preuves nécessaires : contrats, échanges de courriels, bulletins de salaire, témoignages, etc.
  • « Puis-je obtenir une copie complète de mon dossier à tout moment ? »
    Oui, en vertu de l’article R. 423-53 du Code de l’organisation judiciaire, vous avez droit à la communication intégrale de votre dossier, même en cours de procédure.

Enfin, notez toutes les informations obtenues lors du premier rendez-vous. Ces éléments vous permettront de comparer plusieurs avocats avant de faire votre choix définitif.

5. Pourquoi il est important de poser les bonnes questions

Poser les bonnes questions à son avocat ne relève pas de la curiosité mais d’un droit fondamental à l’information juridique. La Charte du client de l’avocat, adoptée par le Conseil national des barreaux, rappelle que le client doit être pleinement informé du déroulement, des coûts et des implications de son affaire.

Cette démarche vous permet de :

  • mieux comprendre les enjeux juridiques de votre situation ;
  • évaluer la stratégie et la compétence du professionnel ;
  • établir une relation de confiance solide et durable.

Un avocat n’est pas seulement un technicien du droit : il est aussi un partenaire de défense. Le dialogue et la transparence dès le premier rendez-vous déterminent souvent la réussite de la collaboration et la qualité de la représentation juridique.

Conclusion

Choisir un avocat et savoir lui poser les bonnes questions constitue une démarche juridique à part entière, relevant de l’exercice éclairé de vos droits. Le Code de déontologie de la profession, notamment à travers le Règlement Intérieur National (RIN), impose à l’avocat une obligation de compétence, de transparence et de loyauté envers son client. Toutefois, cette exigence est à double sens : le justiciable, pour être efficacement défendu, doit s’informer, questionner et comprendre les enjeux de la mission confiée.

Le premier entretien avec un avocat ne se limite donc pas à une simple prise de contact. C’est un véritable acte juridique préparatoire, qui permet d’évaluer l’adéquation entre la nature du dossier, la stratégie proposée et les moyens mis en œuvre. Chaque question posée contribue à clarifier le cadre de la représentation, à anticiper les difficultés éventuelles et à instaurer une relation de confiance durable. En effet, comme le rappelle la jurisprudence constante de la Cour de cassation, notamment dans un arrêt du 14 janvier 2016 (n°14-28.313), l’avocat est tenu d’une obligation d’information et de conseil tout au long de sa mission, sous peine d’engager sa responsabilité professionnelle.

Le justiciable doit également veiller à encadrer la collaboration par une convention d’honoraires écrite, conformément à l’article 10 de la loi du 31 décembre 1971. Ce document protège les deux parties : il garantit la transparence financière pour le client et la reconnaissance du travail accompli pour l’avocat. Interroger son conseil sur les honoraires, les frais annexes ou la possibilité d’un honoraire de résultat ne relève pas de la méfiance, mais d’une bonne gestion juridique et économique de son affaire.

Au-delà des aspects financiers, poser des questions sur la stratégie juridique, le calendrier procédural ou les modes de communication permet d’éviter les incompréhensions et de préserver une collaboration efficace et respectueuse. Le client informé devient acteur de sa défense, ce qui correspond à l’esprit du principe du contradictoire garanti par l’article 16 du Code de procédure civile.

Ainsi, interroger son avocat, c’est exercer un droit, mais aussi une forme de vigilance active. C’est affirmer sa volonté d’être entendu, accompagné et représenté avec équité.
En définitive, une défense réussie repose sur deux piliers indissociables : la compétence juridique de l’avocat et l’implication éclairée du justiciable. En posant les bonnes questions dès le départ, vous contribuez à construire une relation professionnelle solide, transparente et juridiquement sécurisée, au service d’un objectif commun : la recherche d’une justice efficace, humaine et équilibrée.

FAQ

1. Comment choisir le bon avocat pour son affaire ?

Le choix d’un avocat dépend de la nature de votre dossier et de la complexité juridique de votre situation. Il est conseillé de vérifier que le professionnel est inscrit au barreau compétent et possède une spécialisation reconnue (droit du travail, droit pénal, droit de la famille, etc.). Vous pouvez consulter le tableau de l’ordre des avocats ou le site du Conseil national des barreaux (CNB). Une première rencontre permettra d’évaluer sa capacité d’écoute, son expertise et la clarté de ses explications.

2. Quelles questions poser à un avocat lors du premier rendez-vous ?

Lors du premier entretien, il est important d’aborder les points suivants :

  • Son expérience dans des dossiers similaires au vôtre ;
  • La stratégie juridique qu’il envisage pour défendre vos intérêts ;
  • Le coût estimatif de la procédure et le mode de facturation (forfait, taux horaire, honoraire de résultat) ;
  • Le déroulement de la procédure et la durée approximative de la procédure.
    Ces échanges visent à instaurer un climat de confiance et à garantir une communication transparente dès le départ.

3. Comment fonctionne la convention d’honoraires d’un avocat ?

Depuis la loi du 6 août 2015 (article 10 de la loi du 31 décembre 1971), toute relation avocat-client doit être encadrée par une convention d’honoraires écrite. Ce document précise le montant des honoraires, les modalités de paiement et les prestations couvertes. Certains avocats peuvent proposer un honoraire de résultat, proportionnel au gain obtenu, en complément d’un forfait fixe. Le client doit également demander si des frais annexes (huissier, déplacement, greffe) sont inclus ou non.

4. Est-il possible de changer d’avocat pendant la procédure ?

Oui, le justiciable peut changer d’avocat à tout moment, conformément à son droit fondamental de choisir librement son conseil (article 6 du Code de procédure civile et article 13 du Règlement Intérieur National). Il suffit d’en informer par écrit l’avocat en cours, de régler les honoraires dus pour les diligences déjà effectuées, puis de confier le dossier au nouvel avocat. Ce dernier se chargera du transfert des pièces et de la reprise du dossier devant la juridiction concernée.

5. Quels sont les droits du client vis-à-vis de son avocat ?

Le client bénéficie de plusieurs droits garantis par la déontologie de la profession :

  • Le droit à une information claire et complète sur la procédure et ses coûts (article 11.3 du RIN) ;
  • Le droit à la confidentialité absolue des échanges (secret professionnel) ;
  • Le droit à la communication de son dossier à tout moment (article R.423-53 du Code de l’organisation judiciaire) ;
  • Le droit de saisir le bâtonnier en cas de litige sur les honoraires ou le comportement de l’avocat.
    Ces droits assurent la protection juridique et la transparence dans la relation avocat-client.

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