Le secteur de l’automobile occupe une place centrale dans l’économie française. Il représente à la fois un vivier d’emplois et un espace d’innovation marqué par la transition énergétique, la digitalisation et l’évolution rapide des métiers techniques. Pour garantir des conditions de travail justes et adaptées à ces mutations, la Convention collective nationale des services de l’automobile (IDCC 1090) encadre les rapports entre employeurs et salariés du commerce, de la réparation, de la maintenance, de la formation à la conduite ou encore de la location de véhicules.
Cette convention, conclue le 15 janvier 1981 et régulièrement mise à jour, s’impose à l’ensemble des entreprises relevant du secteur automobile. Elle complète le Code du travail en précisant les droits et obligations relatifs à la rémunération, à la classification des emplois, aux congés, à la formation, à la protection sociale et à l’égalité professionnelle. En 2025, un avenant majeur signé le 3 juillet et étendu par arrêté du 27 août 2025 est venu revaloriser les salaires minima conventionnels applicables à compter du 1er octobre 2025.
Ces nouvelles grilles constituent un socle essentiel pour les professionnels du secteur, qu’ils soient mécaniciens, carrossiers, vendeurs, cadres techniques, formateurs ou agents de maîtrise. Elles garantissent une rémunération minimale en lien avec le niveau de compétence, la qualification et les responsabilités exercées.
Mais au-delà du seul aspect financier, la CCN des services de l’automobile incarne un véritable outil d’équilibre social. Elle promeut la justice salariale, la valorisation de l’expérience professionnelle, la protection contre les discriminations, ainsi que la prévention des risques liés à l’emploi. Les avenants successifs témoignent d’une volonté constante d’adaptation à la transformation du marché de l’emploi : nouvelles mobilités, électrification du parc, métiers de l’économie circulaire, et dispositifs en faveur de l’inclusion des travailleurs en situation de handicap.
Dans ce contexte, connaître la convention collective automobile, c’est comprendre les droits spécifiques applicables dans une branche en pleine mutation, mais aussi les obligations qui s’imposent aux employeurs, notamment en matière de salaires, de primes et d’avantages conventionnels. C’est également un enjeu de sécurisation juridique, puisque le non-respect des minima ou des classifications peut donner lieu à un rappel de salaire, voire à des sanctions administratives.
Ainsi, en 2025, cette convention se positionne comme une référence incontournable du droit social sectoriel, garantissant à la fois la compétitivité des entreprises et la reconnaissance du travail accompli par des milliers de salariés qui contribuent chaque jour au dynamisme du secteur automobile.
La CCN des services de l’automobile s’applique à l’ensemble des entreprises relevant des activités suivantes :
Depuis l’avenant n°106 du 21 mars 2024 (étendu par arrêté du 24 septembre 2024), la convention s’est élargie aux nouveaux métiers de la mobilité durable, notamment la réparation de véhicules électriques, la mise en relation pour prestations mécaniques et la vente d’équipements de sécurité pour motocycles.
Chaque salarié de la branche est rattaché à un échelon ou à un niveau de classification mentionné sur son contrat de travail ou son bulletin de paie.
Cette classification détermine le salaire minimum conventionnel, les avantages associés (primes, indemnités, congés supplémentaires) et le niveau de responsabilité du salarié.
Aucune condition d’ancienneté n’est exigée pour bénéficier des minima conventionnels.
L’avenant n°109 à la CCN automobile, étendu par arrêté du 27 août 2025, fixe de nouveaux montants de rémunération minimale hiérarchique (RMH).
Ces montants constituent une obligation légale pour les employeurs (article L.2253-3 du Code du travail) : tout salaire inférieur au minimum conventionnel expose à un rappel de salaire et à d’éventuelles sanctions administratives.
Les grilles sont établies sur la base d’un horaire hebdomadaire de 35 heures.
Conformément à l’article L.3221-2 du Code du travail, la CCN garantit une égalité de rémunération entre les femmes et les hommes pour un travail de valeur égale.
Sont donc communs aux deux sexes :
Les employeurs ont également l’obligation de prévenir toute forme de discrimination salariale et de publier chaque année un index de l’égalité professionnelle (articles L.1142-7 et suivants du Code du travail).
Les jeunes de moins de 18 ans employés dans le secteur bénéficient d’une rémunération équitable.
Lorsqu’ils effectuent des tâches similaires à celles d’un salarié adulte, ils doivent percevoir le même salaire (principe d’égalité, article L.3221-3 du Code du travail).
En dehors de ces cas, la convention prévoit un abattement temporaire :
Ces abattements sont supprimés après six mois de pratique dans l’entreprise.
Tout salarié rémunéré en dessous du minimum conventionnel peut saisir le Conseil de prud’hommes (article L.3245-1 du Code du travail) pour :
Le non-respect des grilles conventionnelles expose l’employeur à :
Les salariés peuvent bénéficier de plusieurs primes spécifiques, notamment :
Depuis l’avenant n°107 du 19 septembre 2024, la branche a introduit de nouveaux congés exceptionnels, dont :
Ces mesures renforcent la politique d’inclusion et d’égalité d’accès à l’emploi durable pour les travailleurs en situation de handicap.
L’article 1.15 a) de la convention prévoit des jours de congé supplémentaires selon l’ancienneté :
Un avenant étendu le 29 mai 2024 (avenant n°19) adapte le régime professionnel obligatoire (RPO) de prévoyance, permettant le versement d’une allocation obsèques aux ayants droit du salarié décédé, selon les conditions du règlement paritaire national du 16 novembre 2000.
En cas de licenciement, le salarié bénéficie de dispositions spécifiques :
Ces garanties s’ajoutent aux protections légales du Code du travail (articles L.1234-1 et suivants).
La Convention collective nationale des services de l’automobile s’impose aujourd’hui comme un pilier structurant du droit du travail dans la branche automobile. En 2025, elle consacre une modernisation de fond à travers une revalorisation des salaires minima, une amélioration des droits sociaux et une ouverture vers les métiers de demain. Les avenants adoptés témoignent d’une volonté commune des partenaires sociaux de concilier justice salariale, attractivité des métiers et égalité professionnelle.
Cette convention ne se limite pas à un simple barème de rémunération : elle constitue une véritable charte d’équilibre social, où chaque disposition vise à renforcer la stabilité des relations de travail. L’obligation pour l’employeur de respecter les minima conventionnels (articles L.2253-1 et L.3245-1 du Code du travail) garantit la protection des salariés contre toute forme de sous-rémunération. À défaut, le recours au Conseil de prud’hommes permet d’obtenir un rappel de salaire et la mise en conformité du contrat de travail.
Mais l’intérêt de la CCN automobile dépasse le seul cadre du salaire. Elle prévoit des congés exceptionnels élargis, des avantages de prévoyance, des mesures d’inclusion pour les travailleurs handicapés, ainsi que des dispositions en faveur des jeunes salariés et de la mixité professionnelle. Ces mesures, inscrites dans une logique d’équité et de cohésion, traduisent une approche globale du travail où la performance économique s’allie à la dignité et à la reconnaissance du salarié.
La revalorisation salariale du 1er octobre 2025 marque une étape importante dans la modernisation du secteur. En fixant des minima adaptés aux réalités de la filière, elle permet de soutenir le pouvoir d’achat des travailleurs tout en accompagnant les entreprises dans leur effort de compétitivité. Dans un contexte où les métiers de l’automobile évoluent vers l’électrique, la digitalisation et la mobilité durable, cette convention reste un instrument essentiel pour assurer une transition sociale équitable.
Ainsi, la CCN des services de l’automobile (IDCC 1090) demeure un outil de sécurisation et de progrès. Elle reflète l’équilibre entre les intérêts économiques et humains, et réaffirme que la transformation du secteur ne peut se faire qu’à travers une régulation collective forte, garante de la justice et de la reconnaissance professionnelle. En cela, elle continue d’incarner, en 2025, un modèle d’adaptation du droit du travail aux défis contemporains.
Depuis l’avenant n°109 du 3 juillet 2025, les salaires minima conventionnels ont été revalorisés dans l’ensemble de la branche automobile.
Ces montants, fixés par catégorie professionnelle (ouvriers, agents de maîtrise, cadres), sont obligatoires pour tous les employeurs relevant de l’IDCC 1090.
Le non-respect de ces grilles expose l’entreprise à un rappel de salaires et à des sanctions prévues par les articles R.2263-3 et L.8115-1 du Code du travail.
À noter : si le salaire conventionnel est inférieur au SMIC, c’est le SMIC qui prévaut.
Chaque salarié est classé selon un échelon (ouvriers/employés) ou un niveau/degré (agents de maîtrise et cadres), figurant sur son bulletin de paie ou son contrat de travail.
Cette classification, définie par la convention collective, dépend :
La Convention collective automobile réaffirme le principe de rémunération égale pour un travail de valeur égale, conformément à l’article L.3221-2 du Code du travail.
Les employeurs doivent veiller à :
La convention prévoit de nombreux avantages sociaux, parmi lesquels :
L’employeur qui verse un salaire inférieur au minimum prévu par la convention s’expose à :