Démission 2026 : procédure, préavis, chômage et droits du salarié

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Comment démissionner : les règles essentielles

La démission est l'acte par lequel un salarié en CDI manifeste sa volonté claire et non équivoque de rompre son contrat de travail. Elle est un droit unilatéral du salarié : l'employeur ne peut ni la refuser ni la retarder. La démission n'est soumise à aucun formalisme légal, mais un écrit (lettre remise en main propre ou recommandé AR) est vivement recommandé pour des raisons de preuve.

Important : la démission ne concerne que les CDI. Pour un CDD, on parle de rupture anticipée, qui n'est possible que dans certains cas limitatifs (embauche en CDI, faute grave, force majeure, accord des parties). Pour la fonction publique, des règles spécifiques s'appliquent.

La lettre de démission

Bien qu'aucun formalisme ne soit imposé, la lettre de démission doit exprimer clairement votre volonté de quitter l'entreprise. Éléments recommandés : votre identité et votre poste, la mention explicite de votre démission, la date de votre courrier, la date de fin de contrat souhaitée (en respectant le préavis). Évitez les formulations ambiguës (« je souhaiterais quitter... », « je pense que... ») qui pourraient être interprétées comme une simple velléité et non une démission ferme.

Il n'est pas nécessaire de mentionner un motif. En revanche, si vous démissionnez pour un motif imputable à l'employeur (non-paiement de salaire, harcèlement), il peut être préférable de prendre acte de la rupture plutôt que de démissionner, car la prise d'acte peut produire les effets d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse si le juge vous donne raison.

Le préavis de démission

Le salarié démissionnaire doit respecter un préavis dont la durée est fixée par la convention collective ou le contrat de travail. Durées courantes : 1 mois pour les employés, 1 à 2 mois pour les techniciens, 3 mois pour les cadres. Le préavis court à compter de la notification de la démission à l'employeur.

Le salarié peut demander une dispense de préavis à l'employeur. Si l'employeur accepte, le salarié part sans indemnité compensatrice. Si l'employeur refuse, le salarié doit exécuter son préavis sous peine de devoir une indemnité compensatrice.

→ Guide complet préavis de démission

Démission et chômage

En principe, la démission ne donne pas droit aux allocations chômage. Mais il existe des exceptions importantes :

Les démissions légitimes : démission pour suivre son conjoint qui change de lieu de travail, démission suite au non-paiement des salaires (avec décision prud'homale), démission pour violences conjugales, démission d'un contrat aidé pour un CDI ou un CDD de 6+ mois, démission suite à un acte délictueux subi au travail.

Le dispositif démission-reconversion : depuis 2019, un salarié démissionnaire peut bénéficier du chômage s'il a un projet de reconversion professionnelle ou de création d'entreprise, validé par une commission paritaire interprofessionnelle régionale. Conditions : au moins 5 ans d'activité salariée continue, projet réel et sérieux.

Le réexamen après 121 jours : tout salarié démissionnaire qui s'inscrit à France Travail et effectue des recherches actives d'emploi peut, après 121 jours (environ 4 mois), demander le réexamen de sa situation par l'instance paritaire régionale. Si le réexamen est favorable, les allocations chômage sont versées rétroactivement.

Démission et solde de tout compte

À la fin du préavis, l'employeur remet les documents de fin de contrat : certificat de travail, attestation France Travail (ex-Pôle emploi), reçu pour solde de tout compte. Le solde de tout compte comprend : le salaire du dernier mois (au prorata), l'indemnité compensatrice de congés payés (jours acquis et non pris), les éventuelles primes au prorata, le remboursement de frais en cours.

Le reçu pour solde de tout compte a un effet libératoire : si vous le signez sans réserve, vous ne pouvez plus contester les sommes mentionnées qu'au-delà d'un délai de 6 mois. Si vous ne le signez pas, le délai de contestation est de 3 ans. Conseil : vérifiez bien le décompte avant de signer.

La rétractation de la démission

En principe, la démission est irrévocable une fois notifiée. Cependant, la jurisprudence admet la rétractation dans certains cas : démission donnée dans un mouvement d'humeur ou sous le coup de l'émotion (si la rétractation intervient très rapidement, dans les heures ou jours suivants), démission obtenue sous la contrainte ou la pression de l'employeur, démission donnée dans un état psychologique altéré.

Si l'employeur accepte la rétractation, le contrat continue normalement. S'il refuse, le salarié peut contester devant les prud'hommes en arguant que la démission n'était pas libre et éclairée.

Démission vs rupture conventionnelle vs prise d'acte

Démission : initiative du salarié, pas de motif requis, pas d'indemnité, pas de chômage (sauf exceptions), préavis obligatoire.

Rupture conventionnelle : accord mutuel, indemnité garantie, droit au chômage, pas de préavis. Plus avantageux financièrement pour le salarié.

Prise d'acte : le salarié rompt le contrat en reprochant des manquements graves à l'employeur. Si le juge donne raison au salarié, les effets sont ceux d'un licenciement sans cause. Sinon, les effets sont ceux d'une démission.

→ Guide complet rupture conventionnelle

Questions fréquentes

Peut-on démissionner par email ? Oui, la démission n'est soumise à aucun formalisme. Mais un écrit daté et signé (lettre remise en main propre ou recommandé) est préférable pour la preuve.

L'employeur peut-il refuser la démission ? Non, jamais. La démission est un droit unilatéral et absolu du salarié.

Peut-on démissionner pendant un arrêt maladie ? Oui, l'arrêt maladie ne suspend pas le droit de démissionner. Le préavis court pendant l'arrêt.

Perd-on ses congés payés en démissionnant ? Non, les congés acquis et non pris sont payés sous forme d'indemnité compensatrice dans le solde de tout compte.

Peut-on démissionner d'un CDD ? Non au sens strict. La rupture anticipée d'un CDD n'est possible que pour un CDI ailleurs, par accord mutuel, pour faute grave ou force majeure.

La démission en France : contexte et tendances

La France a connu une vague de démissions sans précédent en 2022-2023, avec près de 520 000 démissions de CDI par trimestre, un record historique. Ce phénomène, souvent comparé à la "Grande Démission" américaine, s'explique par la reprise post-Covid, les aspirations à un meilleur équilibre vie pro/vie perso, et le développement du télétravail qui a élargi les opportunités géographiques.

En France, la démission reste un acte lourd de conséquences car elle ne donne en principe pas droit au chômage, contrairement à la rupture conventionnelle. C'est pourquoi beaucoup de salariés préfèrent négocier une rupture conventionnelle plutôt que de démissionner. En 2025, plus de 500 000 ruptures conventionnelles ont été homologuées, un chiffre en hausse constante depuis la création du dispositif en 2008.

Besoin de conseils avant de démissionner ?

Avant de démissionner, vérifiez qu'une rupture conventionnelle n'est pas préférable dans votre situation. Contactez-nous gratuitement — réponse sous 24h.

→ Guide complet préavis de démission

→ Guide complet rupture conventionnelle

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