Le diagnostic de performance énergétique (DPE) connaît une modification importante de sa méthode de calcul à compter du 1er janvier 2026. Le changement principal concerne le coefficient de conversion de l'électricité, qui passe de 2,3 à 1,9. Ce coefficient permet de convertir la consommation d'électricité en énergie primaire pour établir la note du logement. Cette réforme technique répond aux critiques des propriétaires de logements chauffés à l'électricité, qui estimaient que l'ancien coefficient les pénalisait injustement. Le gouvernement a reconnu que le calcul précédent ne reflétait pas correctement la réalité énergétique française, notamment avec le développement des énergies renouvelables dans le mix électrique.
L'ancien coefficient de 2,3 était vivement critiqué car il pénalisait fortement les logements chauffés à l'électricité. Ce facteur multiplicateur élevé transformait une consommation électrique relativement modeste en une consommation d'énergie primaire importante sur le DPE. De nombreux appartements récents et bien isolés se retrouvaient ainsi classés en F ou G uniquement à cause de leur mode de chauffage électrique. Les associations de propriétaires et les syndicats de copropriété dénonçaient une injustice, notamment pour les logements équipés de radiateurs électriques performants. Cette situation créait un paradoxe : des logements bien isolés obtenaient de moins bonnes notes que des habitations anciennes chauffées au gaz, pourtant plus polluantes en émissions directes de CO2.
Selon les estimations gouvernementales, environ 850 000 logements devraient quitter la catégorie G grâce à ce nouveau calcul. Ces habitations, actuellement considérées comme des passoires thermiques, obtiendront automatiquement une meilleure classification sans aucun travaux. Il s'agit principalement d'appartements construits entre 1980 et 2000, équipés de chauffage électrique et disposant d'une isolation correcte. Cette requalification massive aura des conséquences importantes sur le marché locatif, puisque ces logements échapperont aux interdictions de location prévues par la loi Climat et Résilience. Les propriétaires concernés verront donc leur bien reprendre de la valeur sans investissement, simplement grâce au changement de méthode de calcul du diagnostic.
Même avec cette réforme du calcul, les interdictions de location progressives restent applicables selon le nouveau classement. Depuis le 1er janvier 2023, les logements consommant plus de 450 kWh/m²/an ne peuvent plus être loués. À partir du 1er janvier 2025, l'interdiction s'étend à tous les logements classés G. En 2028, ce sera au tour des logements classés F, puis en 2034 pour ceux classés E. Ces échéances demeurent inchangées, mais le nouveau coefficient permettra à de nombreux logements électriques d'éviter ces contraintes. Les propriétaires bailleurs doivent donc faire réaliser un nouveau DPE selon la méthode 2026 pour connaître précisément la classification actualisée de leur bien et vérifier s'ils peuvent continuer à le louer légalement.
Le changement de coefficient aura un impact direct sur la valorisation des logements chauffés à l'électricité. Les biens qui passeront de G à F ou de F à E bénéficieront d'une revalorisation automatique sur le marché. Les études montrent qu'une amélioration d'une lettre sur l'échelle du DPE peut représenter entre 3% et 8% de valeur supplémentaire selon les zones géographiques. Pour un appartement de 200 000 euros, cela représente potentiellement 6 000 à 16 000 euros de plus-value sans travaux. Cette réévaluation facilitera également l'accès au crédit immobilier, les banques étant de plus en plus réticentes à financer des passoires thermiques. Les propriétaires qui envisageaient de vendre pourront ainsi obtenir un meilleur prix et trouver plus facilement acquéreur.
Si votre DPE a été réalisé avant 2026 avec l'ancien coefficient, vous n'avez pas d'obligation légale de le refaire immédiatement. Le diagnostic reste valable 10 ans à compter de sa date de réalisation, conformément à la réglementation en vigueur. Toutefois, il peut être stratégiquement intéressant de commander un nouveau DPE dès janvier 2026 si votre logement est chauffé à l'électricité et actuellement classé F ou G. Ce nouveau diagnostic, réalisé avec le coefficient 1,9, pourrait améliorer votre classement et lever les interdictions de location. Le coût d'un DPE varie entre 100 et 250 euros selon la superficie et la localisation. Cet investissement modeste peut vous éviter des travaux de rénovation énergétique bien plus coûteux ou vous permettre de continuer à louer votre bien.
Les aides à la rénovation énergétique comme MaPrimeRénov' restent accessibles selon les mêmes critères. Le changement de calcul du DPE ne modifie pas les conditions d'éligibilité à ces dispositifs financiers. Cependant, si votre logement obtient une meilleure classification grâce au nouveau coefficient, vous pourriez perdre l'accès à certaines aides réservées aux passoires thermiques. Par exemple, les bonus spécifiques pour sortir un logement de la classe G ou F pourraient ne plus s'appliquer si votre bien est reclassé en E. Il est donc recommandé de bien évaluer votre situation avant de demander un nouveau DPE. Dans certains cas, il peut être plus avantageux de réaliser d'abord les travaux avec les aides maximales, puis de faire établir le nouveau diagnostic pour valoriser les améliorations apportées.
Les principaux bénéficiaires seront les logements équipés de chauffage électrique construits entre 1980 et 2000. Ces habitations disposent généralement d'une isolation moyenne (simple vitrage remplacé, isolation des combles partielle) mais étaient fortement pénalisées par l'ancien coefficient. Les appartements en copropriété avec chauffage électrique individuel sont particulièrement concernés. À l'inverse, les maisons individuelles anciennes avec chauffage électrique et faible isolation verront certes leur note s'améliorer, mais beaucoup resteront probablement en catégorie F ou G. Les logements chauffés au gaz ou au fioul ne connaîtront aucun changement, leur coefficient de conversion restant identique. Cette réforme crée donc une différence de traitement favorable aux énergies électriques, conformément aux objectifs de transition énergétique du gouvernement.
Si vous êtes propriétaire d'un logement chauffé à l'électricité, la première étape consiste à identifier votre DPE actuel et vérifier sa classification. Si votre bien est classé F ou G, attendez janvier 2026 pour commander un nouveau diagnostic auprès d'un diagnostiqueur certifié. Assurez-vous que le professionnel utilise bien la nouvelle méthode de calcul avec le coefficient 1,9. Si vous êtes bailleur, anticipez les échéances de location en fonction de votre nouvelle classification probable. Pour les propriétaires de logements classés E avec chauffage électrique, le nouveau calcul pourrait vous faire passer en D, améliorant ainsi significativement l'attractivité locative de votre bien. Conservez tous vos justificatifs de travaux énergétiques réalisés, car ils pourront être pris en compte dans le nouveau diagnostic.
Le nouveau coefficient améliore la situation des chauffages électriques, mais ne règle pas toutes les controverses autour du DPE. De nombreux professionnels pointent encore des incohérences dans la méthode de calcul, notamment concernant la prise en compte de la production d'énergie renouvelable (panneaux solaires) ou les spécificités des logements en zones climatiques différentes. La fiabilité des diagnostics dépend également de la qualité des relevés effectués par les diagnostiqueurs, et des erreurs persistent malgré les améliorations récentes. Par ailleurs, la réforme ne change rien pour les logements chauffés au fioul ou au gaz, qui restent pénalisés et devront entreprendre des travaux de rénovation pour améliorer leur classement. Le débat sur la pertinence du DPE comme outil de politique publique reste donc ouvert, même après cette modification importante.
Si vous estimez que votre DPE 2026 contient des erreurs, vous disposez de plusieurs recours. Vous pouvez d'abord contacter directement le diagnostiqueur pour lui signaler les anomalies constatées et demander une vérification. Si le désaccord persiste, vous pouvez saisir l'organisme de certification qui a accrédité le diagnostiqueur. En dernier recours, vous avez la possibilité de faire réaliser un second diagnostic par un autre professionnel pour comparaison. Attention toutefois : commander un nouveau DPE signifie que c'est le plus récent qui fera foi légalement, même s'il est moins favorable. Les erreurs les plus fréquentes concernent la surface habitable, le type de vitrage, ou l'année de construction. Vérifiez attentivement ces éléments sur votre rapport, car ils influencent directement le calcul final de la performance énergétique du logement.
Le changement de calcul est-il automatique pour tous les logements ?
Non, le nouveau coefficient s'applique uniquement aux DPE réalisés à partir du 1er janvier 2026. Les diagnostics antérieurs restent valables jusqu'à leur date d'expiration (10 ans), sauf si vous décidez d'en commander un nouveau volontairement.
Puis-je utiliser le nouveau DPE pour contester une interdiction de location ?
Oui, si votre nouveau DPE établi en 2026 démontre que votre logement n'est plus classé G, vous pouvez légalement continuer à le louer. Le nouveau diagnostic fait foi auprès des autorités et des locataires.
Les logements avec pompe à chaleur sont-ils aussi concernés ?
Oui, tous les systèmes de chauffage électrique bénéficient du nouveau coefficient 1,9, y compris les pompes à chaleur. Ces équipements verront leur performance énergétique encore mieux valorisée dans le calcul du DPE.
Combien coûte un nouveau DPE en 2026 ?
Le tarif d'un DPE varie généralement entre 100 et 250 euros selon la superficie du logement, sa localisation et le diagnostiqueur choisi. Ce prix n'est pas réglementé et peut faire l'objet de comparaison entre professionnels.