Le départ à la retraite marque un tournant essentiel dans la vie professionnelle d’un salarié comme dans la gestion sociale d’une entreprise. Après des années de collaboration, cette transition ne se limite pas à une formalité administrative : elle emporte des conséquences juridiques, financières et fiscales importantes, encadrées par le Code du travail et, souvent, par les conventions collectives.
Qu’il s’agisse d’un départ volontaire à l’initiative du salarié ou d’une mise à la retraite décidée par l’employeur, chaque scénario obéit à un régime juridique distinct. Les montants des indemnités varient selon l’ancienneté, le salaire de référence et les dispositions conventionnelles applicables. Leur calcul doit être mené avec rigueur, car une erreur ou une omission peut entraîner une requalification de la rupture ou des litiges prud’homaux.
Au-delà du simple calcul, ces indemnités traduisent la reconnaissance de l’entreprise envers le salarié pour sa contribution à son développement. Elles incarnent aussi un principe fondamental du droit social : la protection du travailleur jusqu’à la fin de sa carrière, dans le respect de sa dignité et de ses droits.
Sur defendstesdroits.fr, nos juristes rappellent que comprendre les règles applicables en matière d’indemnité de départ à la retraite est indispensable pour anticiper le coût du départ, sécuriser la procédure et préserver les relations sociales au sein de l’entreprise. C’est pourquoi il est essentiel d’examiner en détail le régime du départ volontaire et celui de la mise à la retraite, ainsi que leurs incidences fiscales et sociales.
Lorsqu’un salarié choisit de quitter volontairement son emploi pour faire valoir ses droits à la retraite, il bénéficie d’une indemnité de départ volontaire, conformément à l’article L1237-9 du Code du travail.
Le montant minimal de cette indemnité est fixé par l’article D1237-1 du Code du travail, qui prend en compte le salaire de référence et l’ancienneté du salarié.
Les seuils légaux sont les suivants :
Le salaire à retenir est le plus favorable entre :
Ce mécanisme vise à garantir une équité de traitement entre salariés et à compenser la rupture définitive du contrat de travail à l’initiative du salarié.
L’indemnité légale constitue un plancher, mais non un plafond.
De nombreuses conventions collectives prévoient des montants plus avantageux pour les salariés partant à la retraite.
Conformément à l’article L1237-4 du Code du travail, ces dispositions conventionnelles priment sur la loi si elles offrent de meilleures conditions.
À titre d’exemple :
Il est donc essentiel pour chaque salarié de vérifier la convention collective applicable avant de calculer son indemnité, car la différence financière peut être significative.
Lorsqu’un employeur décide de mettre un salarié à la retraite, il est tenu de lui verser une indemnité spécifique, fixée à un niveau au moins égal à l’indemnité légale de licenciement, conformément à l’article L1237-7 du Code du travail.
Le calcul se fait sur la base suivante :
Le salaire de référence correspond, selon la formule la plus favorable pour le salarié :
Ainsi, un salarié justifiant de 25 ans d’ancienneté et d’un salaire brut mensuel moyen de 3 000 euros pourrait percevoir environ 23 000 euros d’indemnité légale de mise à la retraite.
Comme pour le départ volontaire, certaines conventions collectives garantissent une indemnité de mise à la retraite supérieure au plancher légal.
L’article L1237-4 du Code du travail prévoit que l’indemnité conventionnelle prévaut dès lors qu’elle est plus avantageuse.
Ainsi, dans certains secteurs, la mise à la retraite ouvre droit à une prime de fin de carrière, cumulable avec d’autres avantages sociaux ou fiscaux.
Les branches médicales, industrielles et juridiques sont parmi celles qui prévoient les régimes les plus généreux.
Pour vérifier ses droits, le salarié peut consulter directement sa convention collective via defendstesdroits.fr, où les textes à jour sont accessibles gratuitement.
Les indemnités de départ à la retraite sont, en principe, imposables au titre de l’impôt sur le revenu, comme le stipule l’article 80 duodecies du Code général des impôts.
Elles sont considérées comme un revenu de remplacement, à l’image d’un salaire différé.
Toutefois, la loi prévoit plusieurs régimes d’exonération partielle pour les départs à l’initiative de l’employeur :
L’exonération peut s’appliquer dans la limite du montant le plus élevé parmi :
En revanche, les indemnités de départ volontaire à la retraite sont intégralement soumis à l’impôt, sauf cas exceptionnels (plans sociaux ou mesures collectives spécifiques).
Les indemnités versées à l’occasion d’un départ ou d’une mise à la retraite sont également soumises à des cotisations sociales.
Selon la nature de la rupture, l’assujettissement varie :
Il appartient à l’employeur d’effectuer les déclarations sociales nominatives (DSN) correspondantes et de fournir un détail clair du calcul sur le bulletin de paie final.
Chaque employeur doit impérativement contrôler les dispositions conventionnelles avant de calculer une indemnité de retraite.
Les écarts entre la loi et les conventions peuvent représenter plusieurs mois de salaire supplémentaires.
Une vérification minutieuse garantit le respect du principe de faveur, prévu à l’article L2251-1 du Code du travail.
Il est recommandé d’anticiper le départ du salarié plusieurs mois à l’avance pour éviter tout retard de paiement.
Cette anticipation facilite la préparation des documents obligatoires : certificat de travail, attestation France Travail et solde de tout compte.
Le versement de l’indemnité doit intervenir au plus tard à la date de rupture du contrat, sous peine de pénalités de retard ou d’une saisine prud’homale.
Un départ à la retraite réussi repose sur une communication claire et loyale entre l’employeur et le salarié.
Informer sur le calcul de l’indemnité, les délais de versement et le régime fiscal applicable permet de prévenir tout différend.
Ce dialogue s’inscrit dans le principe de bonne foi défini à l’article L1222-1 du Code du travail.
La question de l’indemnité de départ à la retraite ne doit jamais être abordée à la légère. Elle représente bien plus qu’une compensation financière : c’est un acte juridique fort qui consacre la fin du contrat de travail dans le respect des droits acquis et des principes d’équité.
Le Code du travail (articles L1237-9, L1237-7, D1237-1, R1234-1 et suivants) fixe des seuils précis, mais c’est souvent la convention collective qui détermine le régime le plus avantageux. Cette hiérarchie des normes illustre la logique du droit social français : protéger le salarié par la règle la plus favorable.
Pour l’employeur, la préparation du départ exige une anticipation administrative et financière : calcul exact du salaire de référence, respect des délais, information du salarié, versement des sommes dues et déclaration aux organismes sociaux.
Pour le salarié, bien comprendre ses droits permet d’éviter les erreurs de calcul, d’optimiser la fiscalité de son indemnité et de préserver sa pension de retraite.
Ainsi, le départ à la retraite, loin d’être une simple formalité, constitue un moment juridique clé, à la croisée du droit du travail et du droit fiscal.
Sur defendstesdroits.fr, nous insistons sur la nécessité d’une approche à la fois juridiquement rigoureuse et humainement respectueuse, afin que cette transition professionnelle se fasse dans la sécurité, la transparence et la reconnaissance mutuelle.
Le départ volontaire intervient lorsque le salarié choisit de cesser son activité pour bénéficier de sa pension, selon l’article L1237-9 du Code du travail.
La mise à la retraite, en revanche, relève de la décision de l’employeur lorsque le salarié atteint l’âge du taux plein (67 ans).
Cette distinction influence directement le montant de l’indemnité, le régime fiscal applicable et les cotisations sociales dues.
Le salarié partant de sa propre initiative touche une indemnité légale de départ à la retraite, tandis que celui mis à la retraite perçoit une indemnité équivalente à celle d’un licenciement (articles L1237-7 et R1234-1).
L’indemnité est calculée à partir du salaire brut de référence (moyenne des 12 derniers mois ou tiers des 3 derniers mois, selon la formule la plus favorable) et de l’ancienneté.
Selon l’article D1237-1 du Code du travail, le montant minimal est de :
Certaines conventions collectives améliorent ces montants, parfois jusqu’à 6 ou 7 mois de salaire pour les carrières longues (métallurgie, chimie, santé…).
Un calcul précis est donc indispensable avant de notifier son départ, afin de bénéficier de la formule la plus avantageuse.
Lorsque c’est l’employeur qui met fin au contrat, l’indemnité doit être au moins égale à celle d’un licenciement, en vertu de l’article L1237-7 du Code du travail.
Le montant se calcule comme suit :
Le salarié peut bénéficier d’une indemnité conventionnelle supérieure, selon la branche professionnelle.
De plus, l’entreprise doit respecter le préavis légal (articles L1234-1 et L1234-5) et remettre au salarié ses documents de fin de contrat.
Un manquement peut entraîner une requalification en licenciement abusif devant le Conseil de prud’hommes.
Les indemnités de départ volontaire sont en principe imposables à l’impôt sur le revenu, conformément à l’article 80 duodecies du Code général des impôts.
En revanche, les indemnités de mise à la retraite bénéficient d’une exonération partielle, dans la limite du montant le plus élevé entre :
Ces régimes différenciés exigent une vigilance fiscale afin d’éviter une imposition injustifiée ou une déclaration incomplète.
L’employeur doit :
Le salarié, quant à lui, doit déclarer l’indemnité dans sa déclaration annuelle de revenus, en appliquant le régime fiscal correspondant.
En cas de litige sur le montant ou le calcul, il peut saisir le Conseil de prud’hommes pour obtenir une régularisation.