Dans le monde des affaires, les relations contractuelles entre professionnels sont souvent marquées par des intérêts divergents, des obligations complexes et des enjeux financiers conséquents. De fait, aucun acteur économique, qu'il soit commerçant individuel, SARL, SAS, ou SASU, n'est à l'abri d'un litige commercial.
Retards de livraison, impayés, désaccords contractuels, ruptures abusives ou inexécution partielle des prestations : les sources de conflit sont multiples et parfois inévitables. Face à cette réalité, maîtriser les moyens juridiques permettant de prévenir, gérer et résoudre ces différends devient une nécessité stratégique pour toute entreprise soucieuse de pérenniser ses relations commerciales.
Pourtant, malgré la fréquence de ces situations, beaucoup de professionnels ignorent les leviers juridiques à leur disposition ou hésitent quant aux démarches à entreprendre pour faire valoir leurs droits. Que faire en cas de factures impayées ?
Quel rôle joue la mise en demeure ? Faut-il privilégier une résolution amiable ou saisir directement le Tribunal de commerce ? Autant de questions pratiques auxquelles il est indispensable d’apporter des réponses précises et rigoureuses, fondées sur les dispositions du Code de commerce et du Code civil.
Au-delà de la simple gestion du conflit, c'est en amont, dès la négociation contractuelle, que le professionnel doit poser les bases d'une relation juridique saine, en insérant des clauses adaptées, en définissant précisément les obligations réciproques et en anticipant les scénarios de désaccord. Le contrat commercial n'est pas seulement un outil opérationnel : il constitue un rempart juridique contre les litiges, à condition d'être correctement rédigé et adapté aux spécificités de chaque relation d'affaires.
Cet article vous offre un panorama complet et structuré des moyens juridiques à mobiliser en cas de litige commercial entre professionnels : de la prévention contractuelle à la résolution judiciaire, en passant par les solutions amiables telles que la médiation ou l'arbitrage. Chaque professionnel trouvera ainsi les références juridiques et les explications nécessaires pour défendre au mieux ses intérêts et sécuriser son activité économique.
Le litige commercial désigne un différend entre deux professionnels (entreprises individuelles, sociétés commerciales comme la SARL, SAS, SASU, etc.) lié à une relation contractuelle ou commerciale. Il se distingue ainsi du litige de consommation, lequel implique un professionnel et un consommateur particulier.
Les exemples de litiges commerciaux sont variés :
La prévention du litige commercial repose sur une rédaction rigoureuse du contrat. Selon l’article 1128 du Code civil, un contrat valide suppose :
La phase pré-contractuelle (pourparlers et négociation) est essentielle pour délimiter précisément :
Il est recommandé d'insérer dans le contrat des clauses spécifiques telles que :
Avant de saisir le Tribunal de commerce, il est opportun de tenter une résolution amiable, souvent plus rapide et moins onéreuse.
La lettre de relance, puis la mise en demeure (en recommandé avec accusé de réception) constituent des démarches précontentieuses indispensables. Elles permettent :
Ces solutions offrent l'avantage de la confidentialité et de la rapidité, contrairement à une procédure judiciaire, généralement publique et longue.
Lorsque les modes amiables échouent, il devient nécessaire de saisir le Tribunal de commerce (article L721-3 du Code de commerce).
En application de l’article 42 du Code de procédure civile, la juridiction compétente est celle :
Depuis le décret n°2019-1333 du 11 décembre 2019, le recours à un avocat est en principe obligatoire devant le Tribunal de commerce lorsque le montant du litige excède 10.000 euros (article 853 du Code de procédure civile).
Le litige commercial trouve souvent sa source dans une mauvaise exécution contractuelle. Connaître les types de contrats commerciaux permet de mieux anticiper les conflits :
Chaque contrat requiert des clauses spécifiques pour préciser les engagements des parties et limiter les risques juridiques.
Le droit commercial, par dérogation au droit civil, autorise une liberté de preuve lorsque les deux parties ont la qualité de commerçant (article L110-3 du Code de commerce). Toutefois, certains actes, comme la cession de fonds de commerce, nécessitent la preuve par écrit.
Par ailleurs, la rupture abusive d’un contrat commercial à durée indéterminée sans préavis suffisant est sanctionnée (article L442-1 II du Code de commerce).
Les professionnels doivent donc encadrer précisément :
Certaines clauses renforcent la sécurité juridique des relations contractuelles :
Les CGV sont obligatoires lorsque le client en fait la demande. Elles précisent les conditions de règlement, de livraison et les modalités de traitement des réclamations.
Un contrat est dit mixte lorsque l’une des parties est un non-commerçant (par exemple un particulier). Dans ce cas :
Cela suppose une attention particulière dans la rédaction des clauses contractuelles, afin d’éviter les conflits d’interprétation.
Face à un litige commercial, chaque professionnel doit raisonner stratégiquement : peser les coûts, évaluer les délais, mesurer les risques et surtout envisager les conséquences à long terme sur ses relations commerciales et sa réputation sur le marché. Dès la survenance d'un conflit, privilégier une démarche amiable – lettre de relance, mise en demeure, médiation – apparaît souvent comme une solution pragmatique, moins onéreuse et plus rapide.
Toutefois, lorsque les discussions échouent, l'option contentieuse devant le Tribunal de commerce, juridiction spécialisée régie par l'article L721-3 du Code de commerce, devient inévitable pour faire valoir ses droits et obtenir une décision juridiquement contraignante.
Mais l'anticipation reste la meilleure des stratégies. La rédaction rigoureuse des contrats commerciaux, l'insertion de clauses protectrices et la formalisation précise des obligations contractuelles constituent des outils de prévention puissants contre les risques de contentieux. Les CGV ou encore les clauses de médiation et d'arbitrage permettent de cadrer efficacement les relations contractuelles et de limiter les incertitudes juridiques.
Le professionnel averti devra donc toujours envisager le contrat comme une sécurité juridique, non comme une simple formalité. Comprendre le fonctionnement des modes alternatifs de règlement des différends et de la justice commerciale, connaître les recours disponibles et les spécificités procédurales (comme le seuil des 10.000 euros pour l’obligation de représentation par avocat), sont des connaissances essentielles pour naviguer sereinement dans le monde des affaires.
Enfin, en cas de difficulté, recourir aux conseils d’un avocat spécialisé en droit commercial ou d’un juriste professionnel reste le moyen le plus sûr de sécuriser sa situation juridique et d’obtenir une solution adaptée à son conflit. Car dans l’univers complexe des relations commerciales, mieux vaut agir avec rigueur que subir les conséquences d'une négligence contractuelle.
1. Qu'est-ce qu'un litige commercial entre professionnels ?
Un litige commercial désigne tout différend entre deux professionnels dans le cadre d'une relation contractuelle ou commerciale. Il peut s'agir de retards de livraison, de factures impayées, de prestations mal exécutées ou encore de pratiques anticoncurrentielles. La distinction avec un litige de consommation réside dans la qualité des parties : seuls des professionnels sont concernés.
2. Comment résoudre un litige commercial sans aller en justice ?
Avant toute action judiciaire, privilégier les modes amiables : lettre de relance, mise en demeure, médiation via le Médiateur des entreprises ou arbitrage. Ces méthodes permettent un règlement rapide et souvent confidentiel du conflit, tout en préservant la relation commerciale. La preuve de ces tentatives de règlement amiable est essentielle en cas de contentieux.
3. Quand saisir le tribunal de commerce en cas de litige ?
Si les solutions amiables échouent, il faut saisir le tribunal de commerce compétent (article L721-3 du Code de commerce). L'avocat devient obligatoire si le litige dépasse 10.000 euros (article 853 du Code de procédure civile). La décision rendue sera juridiquement contraignante et permettra, si nécessaire, une exécution forcée des obligations contractuelles.
4. Quelles clauses contractuelles peuvent prévenir un litige commercial ?
Plusieurs clauses renforcent la prévention des litiges : clause attributive de compétence, clause compromissoire pour l'arbitrage, clause pénale pour anticiper les sanctions, clause résolutoire pour prévoir la fin automatique du contrat en cas de manquement, et clause limitative de responsabilité. Leur insertion dans les contrats commerciaux sécurise la relation juridique.
5. Pourquoi les conditions générales de vente (CGV) sont-elles importantes entre professionnels ?
Les CGV encadrent les conditions commerciales générales (modalités de paiement, pénalités de retard, conditions de livraison, etc.). Bien que non obligatoires, elles constituent le socle des négociations commerciales entre professionnels et facilitent la preuve des engagements en cas de litige. Elles diffèrent des CGU, qui régissent simplement l’utilisation d'un site internet.