Lorsqu’un enfant est atteint d’une maladie grave, d’un handicap ou victime d’un accident d’une particulière gravité, ses parents doivent souvent interrompre leur activité professionnelle afin d’assurer une présence continue et des soins adaptés. Conscient de cette nécessité, le législateur a instauré le congé de présence parentale, prévu par les articles L1225-62 et suivants du Code du travail.
Ce dispositif offre au parent salarié la possibilité de suspendre son contrat de travail tout en bénéficiant d’une prise en charge partielle grâce à l’allocation journalière de présence parentale (AJPP), versée par la Caisse d’allocations familiales (Caf) ou la Mutualité sociale agricole (Msa) (article D544-6 du Code de la sécurité sociale). Il s’agit d’un droit ouvert sans condition d’ancienneté et applicable à tout salarié, quel que soit le type de contrat ou le secteur d’activité.
Le congé de présence parentale constitue donc un outil essentiel de conciliation entre vie professionnelle et responsabilités familiales. Il est toutefois encadré par des conditions strictes de demande, de durée, de renouvellement et d’indemnisation.
Tout salarié peut bénéficier de ce congé dès lors qu’il assume la charge effective d’un enfant nécessitant une présence soutenue et des soins contraignants en raison de :
La gravité de l’état de santé de l’enfant doit être constatée par un certificat médical détaillé établi par le médecin traitant ou hospitalier. Ce document doit préciser la nécessité de la présence du parent auprès de l’enfant.
Il est important de distinguer ce congé du congé pour enfant malade ou du congé parental d’éducation : le congé de présence parentale répond à des situations plus graves et prolongées, et ouvre droit à une allocation spécifique.
La demande doit être adressée à l’employeur au moins 15 jours avant le début du congé. Elle doit être faite :
Le salarié doit obligatoirement joindre un certificat médical attestant la gravité de l’état de santé de l’enfant et la nécessité de la présence parentale (articles R1225-14 et R1225-15).
Par la suite, chaque prise de jour de congé doit être communiquée à l’employeur au moins 48 heures à l’avance.
⚠️ L’employeur ne peut pas refuser le congé si les conditions légales sont remplies. Le refus serait constitutif d’un manquement grave, susceptible d’être contesté devant le Conseil de prud’hommes.
Pendant un congé de présence parentale, le contrat de travail est suspendu. Cela signifie que le salarié ne perçoit aucun salaire de son employeur, sauf si une convention collective ou un accord d’entreprise prévoit des dispositions plus favorables (maintien partiel de salaire, indemnité complémentaire, etc.).
Pour éviter une perte totale de ressources, la loi a prévu une aide spécifique : l’allocation journalière de présence parentale (AJPP), instaurée par l’article D544-6 du Code de la sécurité sociale.
L’AJPP n’est pas cumulable avec certaines autres prestations sociales versées par la Caf ou la Msa (par exemple, l’indemnité journalière maladie ou maternité). En revanche, elle peut être associée à d’autres aides familiales, sous conditions de ressources.
Un complément pour frais spécifiques peut être attribué aux familles qui engagent des dépenses médicales, paramédicales ou de matériel (ex. : location d’appareillage médical, frais de transport liés aux soins, achat de matériel spécialisé). Pour en bénéficier, le parent doit fournir une attestation sur l’honneur justifiant le montant de ces frais. Ce complément vise à alléger les charges financières liées à la pathologie de l’enfant, surtout lorsque les dépenses ne sont pas totalement couvertes par la Sécurité sociale ou une mutuelle.
Ce mécanisme permet de compenser partiellement la perte de revenus liée à l’arrêt de travail et d’assurer aux parents une sécurité financière minimale, afin qu’ils puissent se consacrer pleinement aux besoins de leur enfant sans craindre une rupture totale de ressources.
Le congé de présence parentale est conçu pour offrir une certaine souplesse afin de s’adapter à l’évolution de la situation familiale et médicale de l’enfant.
Le salarié peut raccourcir ou interrompre prématurément son congé dans deux cas prévus par la loi :
Dans ces hypothèses, le salarié doit informer son employeur de manière écrite et motivée, au moins un mois avant la date souhaitée de reprise. Cette anticipation permet à l’employeur de réorganiser le poste et de garantir une reprise sereine.
Le congé peut être prolongé si l’état de santé de l’enfant continue de nécessiter une présence soutenue et des soins contraignants. Dans ce cas :
La prolongation s’inscrit dans la limite de la durée maximale fixée par la loi, soit 310 jours ouvrés sur une période de 3 ans. Toutefois, si la pathologie perdure au-delà, un renouvellement du dispositif peut être envisagé, sur présentation d’un certificat médical actualisé.
Grâce à ces aménagements, le congé de présence parentale permet aux salariés de s’adapter aux aléas médicaux : reprendre leur activité professionnelle lorsqu’ils y sont contraints, ou au contraire, prolonger leur absence pour continuer à accompagner leur enfant. Cette flexibilité témoigne de la volonté du législateur de protéger à la fois la vie familiale et la sécurité de l’emploi.
Le congé de présence parentale s’impose comme un dispositif essentiel du droit du travail français, pensé pour permettre aux parents de concilier leur vie professionnelle avec des situations familiales dramatiques. Lorsqu’un enfant est atteint d’une maladie grave, d’un handicap lourd ou victime d’un accident d’une particulière gravité, il ne s’agit pas simplement d’un besoin ponctuel mais d’une nécessité quotidienne qui exige la présence continue d’un parent. Le législateur, par les articles L1225-62 et suivants du Code du travail ainsi que par les dispositions du Code de la sécurité sociale, a donc instauré un cadre protecteur visant à sécuriser les droits des salariés confrontés à ces épreuves.
Cette protection prend plusieurs formes. Elle garantit d’abord un droit au congé sans condition d’ancienneté, permettant à tout salarié d’y recourir, quel que soit son contrat. Elle assure ensuite la sécurité du poste de travail puisque le contrat est suspendu et non rompu. Enfin, elle ouvre droit à une compensation financière via l’allocation journalière de présence parentale (AJPP), conçue pour alléger les conséquences économiques d’une absence prolongée.
Le dispositif est également souple, puisqu’il autorise le salarié à fractionner son congé, à l’interrompre en cas de changement de situation, ou encore à en demander la prolongation si l’état de santé de l’enfant le justifie. L’employeur, de son côté, ne dispose d’aucun pouvoir discrétionnaire : il est tenu d’accepter la demande, sous réserve du respect des formalités légales.
Au-delà de son cadre strictement juridique, le congé de présence parentale reflète une volonté forte de la société : reconnaître que la protection de la santé et du bien-être des enfants prime sur les impératifs économiques, et qu’aucun salarié ne doit avoir à choisir entre son emploi et la survie de son enfant. Ce dispositif, à la croisée du droit du travail et de la solidarité sociale, incarne un pilier de la politique familiale française et témoigne de l’importance accordée à la dignité et à la protection des plus vulnérables.
1. Quelles sont les conditions pour obtenir un congé de présence parentale ?
Pour bénéficier de ce congé, il faut être salarié et avoir un enfant à charge souffrant :
La loi (article L1225-62 du Code du travail) impose que l’état de santé nécessite à la fois des soins contraignants et une présence soutenue du parent. Cette situation doit être attestée par un certificat médical établi par le médecin traitant ou hospitalier (article R1225-15).
Aucune condition d’ancienneté n’est exigée. Peu importe que le salarié soit en CDI, CDD, temps plein ou temps partiel, il peut demander ce congé.
2. L’employeur peut-il refuser une demande de congé de présence parentale ?
En principe, non. Dès lors que le salarié respecte la procédure (demande écrite faite 15 jours avant le début du congé et présentation du certificat médical), l’employeur est obligé d’accepter (article L1225-63 du Code du travail).
Un refus constituerait une violation de la loi et pourrait être contesté devant le Conseil de prud’hommes. L’employeur ne peut pas non plus sanctionner ou licencier un salarié au motif qu’il a demandé un congé de présence parentale, sous peine de voir la rupture déclarée nulle et discriminatoire.
3. Le congé de présence parentale est-il rémunéré ?
Le contrat de travail est suspendu pendant la durée du congé : le salarié ne perçoit donc pas de salaire, sauf dispositions plus favorables prévues par la convention collective ou l’employeur.
Toutefois, le parent peut bénéficier de l’allocation journalière de présence parentale (AJPP), prévue par l’article D544-6 du Code de la sécurité sociale. Cette aide est versée par la Caf ou la Msa et son montant dépend du nombre de jours de congé pris chaque mois.
En complément, il est possible de demander une aide financière spécifique pour couvrir des frais médicaux ou matériels liés à la situation de l’enfant, non pris en charge par la Sécurité sociale. Cette aide suppose de fournir une attestation sur l’honneur des dépenses engagées.
4. Quelle est la durée maximale du congé de présence parentale ?
Le congé est accordé pour une durée maximale de 310 jours ouvrés (environ 14 mois) répartis sur une période de 3 ans (article L1225-62 du Code du travail).
Il peut être pris de manière continue (plusieurs mois d’affilée) ou fractionnée (par jours isolés en fonction des besoins médicaux). Cette souplesse permet aux parents d’adapter leur emploi du temps à la gravité et à l’évolution de l’état de santé de l’enfant.
Une fois la période de 3 ans écoulée, le congé peut être renouvelé si un nouveau certificat médical atteste de la persistance de la situation grave de l’enfant.
5. Peut-on interrompre ou prolonger le congé de présence parentale ?
Oui, deux mécanismes existent :
Ainsi, le dispositif offre une certaine flexibilité pour s’adapter à la situation familiale et médicale.