Depuis le 1er février 2026, les taux des livrets d'épargne réglementés ont été révisés à la baisse. Le Livret A passe de 2,4% à 1,5%, le LDDS suit la même trajectoire, tandis que le LEP s'établit désormais à 2,5%. Ces ajustements impactent directement les millions de Français qui utilisent ces placements sûrs pour faire fructifier leur épargne. Voici ce que vous devez savoir pour optimiser votre stratégie d'épargne dans ce nouveau contexte.
Au 1er février 2026, les taux des principaux livrets d'épargne réglementés ont évolué. Le Livret A affiche désormais un taux de 1,5% net, contre 2,4% précédemment. Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) suit le même taux à 1,5%. Le Livret d'Épargne Populaire (LEP), réservé aux personnes aux revenus modestes, propose un taux plus avantageux de 2,5%. Ces taux sont fixés par décision gouvernementale et s'appliquent uniformément dans tous les établissements bancaires français. Le Livret Jeune, accessible aux 12-25 ans, conserve également un taux minimum de 1,5%, les banques pouvant proposer des taux supérieurs.
La baisse des taux d'épargne réglementés s'explique par l'évolution de l'inflation et des taux directeurs de la Banque Centrale Européenne. La formule de calcul du Livret A prend en compte la moyenne de l'inflation et des taux interbancaires. Avec un ralentissement de l'inflation au second semestre 2025 et une détente progressive des taux d'intérêt, les pouvoirs publics ont ajusté les taux pour maintenir un équilibre entre rémunération des épargnants et financement des politiques publiques. Le Livret A finance notamment le logement social, tandis que le LDDS soutient les PME et la transition écologique. Cette baisse reflète également la normalisation progressive de la situation économique après plusieurs années de tensions inflationnistes.
Pour un placement de 10 000 euros sur un Livret A, vous percevrez désormais 150 euros d'intérêts par an au lieu de 240 euros avec l'ancien taux. Cette différence de 90 euros annuels peut sembler modeste, mais elle se cumule sur plusieurs années. Pour le LEP, avec un plafond de 10 000 euros, vous obtiendrez 250 euros d'intérêts annuels contre 340 euros auparavant. Les intérêts restent totalement exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, ce qui constitue l'avantage majeur de ces livrets. Sur le long terme, cette baisse incite les épargnants à diversifier leurs placements pour maintenir le pouvoir d'achat de leur épargne, notamment vers l'assurance-vie ou les placements boursiers.
Avec son taux de 2,5% net, le Livret d'Épargne Populaire demeure le placement le plus rémunérateur parmi les livrets réglementés. Pour en bénéficier, votre revenu fiscal de référence ne doit pas dépasser certains plafonds : 22 419 euros pour une personne seule, 33 614 euros pour un couple sans enfant en 2025. Si vous êtes éligible, il est fortement recommandé d'ouvrir et d'alimenter prioritairement ce livret jusqu'au plafond de 10 000 euros. Le LEP offre un rendement réel positif dans le contexte actuel d'inflation modérée. Attention toutefois : si vos revenus dépassent les plafonds pendant deux années consécutives, vous devrez clôturer votre LEP dans l'année suivante.
Le Livret A conserve des atouts majeurs malgré son taux de 1,5%. Il offre une disponibilité immédiate des fonds, une garantie totale du capital par l'État, et une exonération fiscale complète. Il constitue un excellent support pour votre épargne de précaution, équivalente à 3 à 6 mois de dépenses courantes. Avec un plafond de 22 950 euros (hors intérêts capitalisés), il permet de sécuriser une somme substantielle. Pour les montants dépassant ce plafond ou votre épargne de précaution, il devient pertinent d'explorer d'autres solutions comme le Plan d'Épargne Logement ou l'assurance-vie, qui peuvent offrir des rendements supérieurs moyennant une prise de risque limitée.
Face à la baisse des taux, plusieurs alternatives méritent votre attention. Les livrets bancaires non réglementés proposent parfois des taux promotionnels attractifs (2% à 3%) pendant quelques mois, mais attention à la fiscalité : les intérêts sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30%. L'assurance-vie en fonds euros offre des rendements autour de 2% à 3% nets de frais de gestion, avec une fiscalité avantageuse après 8 ans. Pour une épargne long terme et si vous acceptez un risque modéré, les unités de compte peuvent générer des performances supérieures. Les obligations d'État ou comptes à terme constituent également des solutions intermédiaires. Pour optimiser votre stratégie d'épargne en fonction de votre situation, découvrez notre guide complet sur la succession et l'héritage qui détaille la transmission de patrimoine.
Une stratégie d'épargne efficace repose sur la diversification et l'adaptation à votre situation personnelle. Commencez par alimenter votre LEP si vous y êtes éligible, puis votre Livret A jusqu'à constituer votre épargne de précaution. Pour les sommes supplémentaires, répartissez entre assurance-vie (pour la fiscalité avantageuse à long terme), PEA (pour investir en actions avec une fiscalité attractive après 5 ans), et éventuellement des placements immobiliers comme le dispositif Jeanbrun qui offre des avantages fiscaux intéressants. N'oubliez pas que votre profil de risque, votre horizon de placement et vos objectifs (achat immobilier, retraite, transmission) doivent guider vos choix. La baisse des taux réglementés peut être l'occasion de revoir votre allocation d'actifs.
Le Livret Jeune, réservé aux 12-25 ans résidant en France, reste un placement attractif. Son taux minimum est aligné sur celui du Livret A (1,5%), mais les banques peuvent librement proposer des taux supérieurs, parfois jusqu'à 2% ou 2,5% selon les établissements. Avec un plafond de 1 600 euros et une exonération fiscale totale, il constitue un excellent outil d'apprentissage de l'épargne pour les jeunes. Les intérêts sont généralement calculés par quinzaine, comme pour le Livret A. Si vous avez entre 12 et 25 ans, comparez les offres des différentes banques pour bénéficier du meilleur taux. Le Livret Jeune doit être clôturé avant le 31 décembre de l'année des 25 ans.
Les intérêts des livrets réglementés sont calculés par quinzaine. Concrètement, tout versement effectué entre le 1er et le 15 du mois produit des intérêts à partir du 16. Un versement entre le 16 et la fin du mois génère des intérêts à compter du 1er jour du mois suivant. Le même principe s'applique aux retraits : un retrait entre le 1er et le 15 cesse de produire des intérêts dès le 1er du mois, un retrait entre le 16 et la fin du mois cesse d'en produire au 16. Les intérêts sont capitalisés chaque année au 31 décembre, c'est-à-dire qu'ils s'ajoutent au capital et produisent eux-mêmes des intérêts l'année suivante. Pour optimiser votre rendement, privilégiez les versements en début de quinzaine et les retraits en fin de quinzaine.
L'avantage fiscal des livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP, Livret Jeune) est considérable : les intérêts sont totalement exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux (17,2%). Sur un Livret A à 1,5%, vous percevez réellement 1,5% net. À titre de comparaison, un livret bancaire classique taxé au prélèvement forfaitaire unique de 30% devrait afficher un taux brut de 2,14% pour offrir le même rendement net. Cette exonération représente un gain substantiel, particulièrement pour les contribuables fortement imposés. En revanche, les livrets bancaires non réglementés et les comptes sur livret sont soumis au PFU de 30% (ou, sur option, au barème progressif de l'impôt sur le revenu plus prélèvements sociaux). Cette différence de traitement fiscal justifie de maximiser l'utilisation des enveloppes réglementées avant d'envisager d'autres placements.
Les taux des livrets réglementés sont révisés deux fois par an, au 1er février et au 1er août. Une nouvelle baisse est possible si l'inflation continue de ralentir et que les taux directeurs de la BCE diminuent davantage. Le gouvernement pourrait également décider d'ajuster la formule de calcul pour d'autres considérations économiques. Inversement, une reprise inflationniste entraînerait mécaniquement une remontée des taux. Pour suivre l'évolution, consultez régulièrement les annonces du ministère de l'Économie et des Finances sur economie.gouv.fr. Historiquement, le Livret A a connu des taux variant de 0,5% (en 2020) à plus de 4% dans les années 2000. Le contexte actuel suggère une stabilisation probable autour de 1,5% à 2% dans les mois à venir, sauf changement majeur du contexte économique européen.
Chaque livret réglementé dispose d'un plafond de dépôt spécifique. Le Livret A est plafonné à 22 950 euros (hors intérêts capitalisés qui peuvent faire dépasser ce montant). Le LDDS est limité à 12 000 euros. Le LEP ne peut excéder 10 000 euros, sauf intérêts capitalisés dans la limite de 10 600 euros. Le Livret Jeune est plafonné à 1 600 euros. Ces plafonds sont individuels : chaque membre d'un foyer peut détenir son propre livret. Un couple avec deux enfants peut ainsi cumuler théoriquement jusqu'à 69 100 euros sur les livrets réglementés (2 Livrets A + 2 LDDS + 2 LEP si éligibles + 2 Livrets Jeunes). Au-delà de ces montants, vous devrez orienter votre épargne vers d'autres supports. À noter que certains avantages fiscaux, comme les donations et successions, peuvent également optimiser la transmission de votre patrimoine.
Non, la réglementation interdit strictement de détenir plusieurs Livrets A simultanément. Chaque personne physique ne peut posséder qu'un seul Livret A. En cas de détention multiple, vous vous exposez à des sanctions : fermeture des livrets surnuméraires, restitution des intérêts perçus indûment, et amende fiscale. Depuis 2013, le fichier national des comptes bancaires (FICOBA) permet à l'administration fiscale de détecter ces situations. Si vous découvrez détenir plusieurs livrets suite à un oubli ou une erreur, régularisez rapidement votre situation auprès de vos banques. Pour en savoir plus sur la protection de vos données bancaires, consultez notre article sur la sécurité du fichier FICOBA.
Non, les sommes détenues sur un Livret A, un LDDS ou un LEP ne sont pas prises en compte dans le calcul de l'Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI). L'IFI ne concerne que le patrimoine immobilier net taxable dépassant 1,3 million d'euros. Vos livrets d'épargne, comme l'ensemble de votre patrimoine mobilier (actions, obligations, assurance-vie), sont totalement exclus de cet impôt. En revanche, si vous possédez un bien immobilier locatif, renseignez-vous sur les obligations fiscales associées et les dispositifs comme la taxe sur les logements vacants qui pourrait s'appliquer.
Si le solde de votre Livret A dépasse 22 950 euros suite aux intérêts capitalisés, rien ne se passe : les intérêts continuent de s'accumuler normalement. En revanche, vous ne pourrez plus effectuer de nouveaux versements tant que le solde restera supérieur au plafond. Vous pourrez recommencer à alimenter votre livret uniquement si des retraits font repasser le solde sous le plafond réglementaire. Certains épargnants utilisent cette règle pour « verrouiller » un capital supérieur au plafond qui continue de produire des intérêts exonérés. Votre banque bloquera automatiquement tout versement dépassant le plafond et vous informera de cette impossibilité.
Pour ouvrir un Livret d'Épargne Populaire, rendez-vous dans une banque avec votre dernier avis d'imposition. L'établissement vérifiera que votre revenu fiscal de référence respecte les plafonds d'éligibilité. Vous devrez également attester sur l'honneur ne pas détenir d'autre LEP dans un autre établissement. L'ouverture est généralement gratuite et peut souvent se faire en ligne. Si vos revenus augmentent et dépassent les plafonds pendant deux années consécutives, vous recevrez une notification et devrez clôturer le LEP avant le 31 mars de l'année suivante. Les intérêts acquis restent définitivement exonérés d'impôt. Si vous avez des questions sur vos droits fiscaux, n'hésitez pas à consulter les ressources disponibles sur la déclaration d'impôts pour mieux comprendre votre situation.