Comment faire pour déloger des squatteurs ?

Francois Hagege
Fondateur
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Que faire lorsque des squatteurs occupent un logement

Le squat, c'est-à-dire l'occupation d'un logement sans l'autorisation du propriétaire, est un problème qui peut survenir à tout moment. Si vous vous trouvez dans la situation où votre résidence principale ou votre résidence secondaire meublée est squattée, il est essentiel de savoir quelles démarches légales entreprendre pour résoudre ce problème. Dans cet article, nous vous expliquerons les étapes à suivre pour obtenir l'expulsion ou l'évacuation forcée des squatteurs, tout en respectant la loi.

Comprendre la différence

Avant d'entamer les procédures légales, il est important de faire la distinction entre un squatteur et une personne restant dans un logement sans autorisation. Les squatteurs sont ceux qui ont pénétré dans le logement par effraction, tromperie, menace ou violence. Si un locataire se maintient dans le logement après la fin du bail, cela ne relève pas du squat. De même, une personne hébergée par le résident légal n'est pas un squatteur.

Les conséquences légales du squat

Le squat est un acte illégal, et ceux qui en sont reconnus coupables encourent des sanctions sévères. Les peines comprennent jusqu'à 3 ans d'emprisonnement et une amende pouvant s'élever à 45 000 €, tant pour être entré dans le logement que pour l'avoir occupé.

La trêve hivernale ne s'applique pas aux squatteurs, ce qui signifie que l'expulsion ou l'évacuation forcée peut avoir lieu à tout moment de l'année.

Les démarches légales

Lorsque votre logement est squatté, vous pouvez entreprendre deux types de démarches légales pour obtenir l'expulsion ou l'évacuation forcée des squatteurs.

1. Procédure accélérée

Dans cette procédure, vous pouvez prendre conseil gratuitement auprès d'un avocat. Il est également possible de contacter un commissaire de justice pour qu'il établisse un constat de la situation, vous donne des conseils et vous assiste tout au long de la procédure. Les honoraires du commissaire de justice sont libres et à votre charge, mais il doit vous fournir un devis personnalisé avant d'intervenir.

Pour lancer la procédure accélérée, vous devez :

  • Porter plainte pour violation de domicile au commissariat de police ou à la gendarmerie.
  • Prouver que le logement est votre domicile ou votre propriété en fournissant des preuves telles que des factures ou des documents fiscaux.
  • Faire constater par un officier de police judiciaire, le maire ou un commissaire de justice que le logement est squatté.

Si le propriétaire ne peut pas prouver son droit de propriété, le représentant de l'État dans le département intervient pour identifier le véritable propriétaire du logement squatté.

2. Procédure devant le juge

Dans cette procédure, vous devez :

  • Porter plainte pour violation de domicile au commissariat de police ou à la gendarmerie.
  • Prouver que le logement est votre domicile ou votre propriété.
  • Faire constater par un officier de police judiciaire, le maire, ou un commissaire de justice que le logement est squatté.

Le représentant de l'État dans le département prendra ensuite une décision en tenant compte de la situation personnelle et familiale des squatteurs. Cette décision doit être rendue dans les 48 heures suivant la réception de la demande.

Si les squatteurs ne quittent pas les lieux dans le délai imparti, le représentant de l'État dans le département peut faire évacuer le logement par la force publique, sauf si le demandeur s'y oppose.

Ce que dit la loi

La législation française prévoit un cadre précis pour cette situation. Les textes applicables varient selon la nature du litige : Code civil pour les relations privées, Code du travail pour les relations employeur-salarié, Code de la consommation pour les litiges de consommation, ou Code pénal pour les infractions.

Les délais de prescription constituent un point d'attention majeur : 5 ans pour les actions personnelles civiles (article 2224 du Code civil), 2 ans pour les litiges de consommation, et 3 ans pour les créances salariales. Le non-respect de ces délais entraîne la forclusion de l'action.

Exemples et cas pratiques

Situation type : Vous êtes confronté à cette situation et vous ne savez pas comment réagir. La première étape consiste à rassembler tous les documents pertinents : contrats, courriers échangés, relevés, témoignages écrits. Ces éléments constitueront votre dossier de preuve.

Démarche amiable : Avant toute action en justice, adressez une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception. Précisez clairement votre demande, les fondements juridiques et fixez un délai de réponse de 15 jours. Cette étape est souvent obligatoire et peut suffire à résoudre le litige.

Si le litige persiste : En l'absence de réponse satisfaisante, vous pouvez saisir un médiateur ou conciliateur de justice (gratuit), ou engager une procédure devant le tribunal compétent. L'aide juridictionnelle peut couvrir vos frais si vos ressources sont modestes.

Questions fréquentes

Quel tribunal saisir ? Le tribunal compétent dépend de la nature du litige. Tribunal judiciaire pour le civil, conseil de prud'hommes pour le travail, tribunal de commerce pour les litiges commerciaux. Pour les litiges de moins de 5 000 €, le tribunal de proximité est compétent.

Faut-il obligatoirement un avocat ? L'avocat n'est pas obligatoire devant le tribunal de proximité, le conseil de prud'hommes en première instance, ni le juge aux affaires familiales. Il est obligatoire devant le tribunal judiciaire pour les litiges supérieurs à 10 000 €.

Combien de temps dure la procédure ? Les délais varient considérablement : quelques semaines pour un référé, 6 à 18 mois pour une procédure au fond devant le tribunal judiciaire, et jusqu'à 2 ans devant les prud'hommes. La médiation peut permettre une résolution plus rapide.

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