Comment se déroule la reconnaissance du caractère professionnel d'un accident du travail?

Francois Hagege
Fondateur
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Dans le contexte souvent complexe de la législation relative aux accidents professionnels, il est crucial pour les salariés de comprendre les conditions qui permettent de reconnaître le caractère professionnel de leur accident du travail. De plus, il est important de savoir qu'en cas de refus injustifié de prise en charge par la CPAM (Caisse Primaire d'Assurance Maladie), il est possible d'introduire un recours assorti d'une demande d'indemnisation pour le préjudice subi en raison du manque de diligence de la CPAM dans le traitement du dossier.

La présomption du caractère professionnel de l’accident

L'article L411-1 du Code de la sécurité sociale énonce clairement que tout accident survenu au temps et au lieu de travail est considéré comme un accident du travail, quelle qu'en soit la cause. Cette disposition établit une présomption d'imputabilité au travail.

Cependant, il revient à la CPAM de prouver que la lésion a une cause totalement étrangère au travail pour écarter cette présomption. Le salarié doit fournir des éléments objectifs pour établir les circonstances exactes de l'accident et son caractère professionnel, notamment en obtenant un certificat médical dans un délai proche de l'accident.

Les preuves et les indices concordants

La preuve de la matérialité de l'accident peut être apportée par différents moyens, tels que des témoignages ou des éléments corroborants. Par exemple, si l'accident a eu lieu pendant les heures de travail et que les lésions sont compatibles avec les circonstances décrites, la présomption d'accident du travail est renforcée.

Le témoignage de collègues de travail en concordance avec les déclarations de la victime peut également jouer un rôle crucial. Cependant, la CPAM ou l'employeur doivent prouver qu'il y a une cause totalement étrangère au travail pour renverser cette présomption.

Les réserves émises par la CPAM et les employeurs

Il est important de noter que la CPAM peut parfois prendre en compte des réserves émises par les employeurs. Cependant, ces réserves doivent être fondées sur des éléments concrets remettant en cause les circonstances de l'accident ou l'existence d'une cause totalement étrangère au travail. Dans de nombreux cas, les réserves formulées par les employeurs sont stéréotypées et ne répondent pas à ces critères.

Il est donc essentiel de rester vigilant et de demander à la CPAM la communication du dossier en cas de réserves de l'employeur.

Le préjudice tiré du manque de diligence de la CPAM

En cas de refus de prise en charge injustifié de la CPAM, le salarié peut demander une indemnisation pour le préjudice financier et moral subi en raison du retard dans le traitement de son dossier.

Le juge a déjà considéré que le refus injustifié de prise en charge constitue une faute engageant la responsabilité de la CPAM. De plus, des retards dans le versement des indemnités journalières peuvent également entraîner un préjudice financier.

Plus récemment, un tribunal a confirmé la possibilité d'être indemnisé pour un préjudice financier et moral en cas de manque de diligence de la CPAM dans l'instruction du dossier. La CPAM doit prouver qu'elle a traité le dossier avec diligence, et la charge de la preuve incombe à la CPAM.

En conclusion, il est recommandé aux justiciables de faire valoir leur droit à une indemnisation en cas de refus injustifié de prise en charge par la CPAM et de préjudice financier et moral résultant du manque de diligence de l'organisme. Cela permet non seulement de protéger la présomption du caractère professionnel de l'accident mais aussi de ne pas accorder une force probatoire aux réserves émises par l'employeur qui ne sont pas fondées sur des éléments concrets.

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