Votre employeur peut il décider un matin de vous envoyer travailler à 100km - Comment fonctionne la clause de mobilité ?
Comprendre les Conditions et les Effets des Clauses de Mobilité en Droit du Travail
Introduction :
Les clauses de mobilité sont un élément central du droit du travail, régissant la capacité d'un employeur à modifier le lieu de travail d'un salarié. Dans cet article, nous examinerons en détail les conditions de validité de ces clauses ainsi que leurs conséquences sur les contrats de travail.
A. Les Conditions de la Clause de Mobilité
1. Conditions de Validité
Sur la forme, une clause de mobilité doit être expressément stipulée dans le contrat de travail (Cass soc 18 avril 2000). De plus, elle doit définir de manière précise sa zone géographique, empêchant l'employeur de l'étendre unilatéralement (Cass 7 juin 2006).
Concernant le fond, la zone géographique d'application doit être spécifiée de manière précise (Cass 7 juin 2006). Une clause couvrant l'ensemble du territoire français est licite si elle délimite clairement sa portée. La faculté d'extension ne s'applique qu'aux structures existantes lors de la formation du contrat.
2. Conditions de Mise en Œuvre
Lors de la mise en œuvre de la clause de mobilité, aucune autre modification du contrat de travail ne doit intervenir, comme une réduction de rémunération (Cass soc 15 2004) ou un partage du temps de travail entre deux établissements (Cass soc 20 décembre 2006).
L'employeur doit agir avec loyauté lors de la mise en œuvre, tandis qu'il incombe au salarié de prouver que la décision de l'employeur résulte de considérations étrangères à l'intérêt de l'entreprise (Cass soc 18 sept 2002). La charge de la preuve repose sur le salarié.
La mise en œuvre de la clause ne doit pas être contraire à l'intérêt de l'entreprise (Cass soc 23 janv 2002). L'employeur doit respecter un délai de prévenance suffisant (Cass soc 18 sept 2002) et préserver la vie privée et familiale des salariés (Cass soc 14 oct 2008).
B. Les Effets de la Clause de Mobilité
Principe : L'employeur est habilité à modifier le lieu de travail du salarié dans le secteur géographique initial sans nécessiter l'accord du salarié. En dehors de ce secteur, le consentement du salarié est indispensable (Cass soc 3 juin 2003).
Secteur Géographique : Ce dernier s'apprécie objectivement, en fonction de la distance, du temps de trajet et des moyens de transport entre les anciens et les nouveaux lieux de travail.
Exception : Certaines clauses de mobilité peuvent exclure toute référence au secteur géographique, transformant ainsi la mise en œuvre de la clause en un simple changement des conditions de travail, n'engageant pas de modification du contrat de travail (Cass soc 23 janvier 2008).
Refus du Salarié : Un refus, même fondé, peut constituer une cause réelle et sérieuse de licenciement (Cass soc 23 janvier 2008), et peut revêtir un caractère disciplinaire en cas de persistance injustifiée. Toutefois, en présence de raisons légitimes, la faute grave peut être écartée (Cass soc 21 janvier 2015).
Conséquences : Même en l'absence de faute grave, le refus du salarié d'accepter l'exécution du contrat de travail dans les nouvelles conditions le rend responsable de la non-exécution de son préavis (Cass soc 10 février 2016).
Les clauses de mobilité constituent un élément fondamental des contrats de travail, à condition de respecter scrupuleusement les conditions de validité et de mise en œuvre. Les répercussions de ces clauses revêtent une importance capitale dans la détermination des droits et des devoirs tant des employés que des employeurs. Une compréhension approfondie de ces aspects est essentielle pour évoluer dans le domaine complexe du droit du travail en France.
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